Articles Tagués ‘violence au travail’

Plusieures femmes travaillant au lycée Condé subissent un harcèlement de la part du proviseur. Elles ont osé parler, saluons leur courage. L’une d’entre elles est actuellement hospitalisée ; les autres travaillent dans la peur de croiser ce type, qui est leur supérieur hiérarchique.

Pour l’une au moins, il s’agit d’un harcèlement sexuel caractérisé : avances, allusions sexuelles, contacts physiques imposés. Devant ses refus répétés, le proviseur est passé au harcèlement moral : reproches gratuits, convocations en série, bâtons dans les roues, dévalorisation systématique. Mais comme elle le sait trop bien : qu’est une victime pour évoquer des faits qu’elle ne pourra pas prouver ?

La norme en matière de harcèlement est malheureusement que ce sont les victimes qui doivent partir afin de « régler » le problème. En l’occurrence, s’agissant d’un harcèlement en série, les autres femmes travaillant dans ce lycée resteraient de toute façon très menacées. Et quand le rectorat parle de (ne pas) muter ce proviseur, cela sonne comme une plaisanterie : en quoi être muté le ferait-il cesser de harceler ?

En revanche, suspendre ce proviseur relèverait du simple bon sens et correspondrait à la situation présente (des accusations multiples et graves, la qualification de « harcèlement caractérisé » par le médecin du rectorat). Le suspendre ne serait pas prendre parti (ce dont l’éducation nationale ne se prive pas dans d’autres circonstances) mais prendre une précaution.

Las, le recteur préfère parler d’instrumentalisation, d’amalgame, de soupçons gratuits, de dérapage (!) et dire qu’ « il faut faire la part des choses entre ce qui relève de l’interpersonnel et ce qui relève du professionnel. » (il n’a visiblement pas la moindre idée de ce qu’est un harcèlement). Il faut « dialoguer » et « revenir au sens des responsabilités »… Après tout, peut-être que son proviseur pourrait se contenter d’une petite pipe ?

Les personnels du lycée sont en grève depuis la rentrée en soutien à leurs collègues, obligées de côtoyer leur agresseur pour garder leur travail. Une manif aura lieu mardi à 12h30 devant le lycée (place Marulaz).

Vous remarquerez comme je ne parle pas de droits, de légitimité ou de réparations. Je parle d’un objectif modeste : obtenir la protection temporaire des victimes sur leur lieu de travail, et surtout je parle de solidarité. Ben voui, comme d’hab c’est tout ce qu’on a.

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