Articles Tagués ‘sexualité’

Encore un billet repiqué sur mon ancien blog, je vous avais prévenu de ma flemme sans limites. Il date un peu, j’y parle en tant que femme ; à vrai dire, face au sexisme, être pas-un-homme peut aussi bien s’appeler comme ça.

Je veux parler de mes fantasmes, non pour ajouter à ce blog une touche croustillante, mais parce que je suis toujours surpris’ d’y retrouver toute l’étendue des violences sexistes qui existent dans la réalité. Moi qui lutte pour que les femmes obtiennent respect et conditions de vie épanouissantes, je reproduis et cultive à plaisir en mon for intérieur les violences et les injustices que je dénonce. Quelle est cette étrange contradiction ?

Sans entrer dans les détails (j’espère ne pas causer de trop cruelles déceptions) ma branlothèque personnelle semble de prime abord tout droit tirée de Sade ou de Réage. Mais une différence me paraît cruciale : chez eux, cette violence est assortie d’un discours justificateur. Rien de tel dans mes fantasmes ; la brutale dissymétrie entre mon personnage (et éventuellement d’autres femmes) et les hommes y est un donné qui non seulement n’est pas justifié mais ne saurait l’être.

Bien au contraire, l’arbitraire de la situation est dans chaque scénario un élément central, mis en valeur par la conscience exacerbée qu’en ont tous les protagonistes. En ceci mon univers diffère également de la réalité, où la plupart des violences sexistes font l’objet d’un déni global, tant de la part de leurs témoins que de leurs auteurs, et souvent de leurs victimes mêmes. À lui seul, cet arbitraire explicite fait de la violence dans mes fantasmes quelque chose de très différent des violences invisibles, légitimées ou banalisées que subissent les femmes.

Mais au fait, d’où viennent-ils, ces fantasmes ? Libido, je désire. Que désiré-je en tant que femme, qui s’apparenterait à de telles violences ? Que ce soit bien clair : rien que je veuille en réalité ; le désir n’est pas l’expression d’une volonté, il émane directement de notre expérience émotionnelle. Quelle expérience émotionnelle peut faire qu’une femme désire le genre de violences qu’elle va probablement subir dans la société ? Tout simplement son éducation de dominée, qui sert notamment à lui façonner une libido de dominée.

On nous fait désirer être ce que j’appelle la princesse, c’est à dire un objet docile livré au bon plaisir des hommes. Bien sûr, ce n’est pas ainsi que nous est présenté notre condition(nement), mais sous une forme édulcorée et assortie d’arguments variés. C’est pourtant de là, selon moi, que naissent tant mon goût pour la soumission jouée du BDSM ou celle, imaginaire, de mes fantasmes, que les dispositions grâce auxquelles une soumission bien réelle est obtenue des femmes dans la plupart des circonstances de leur vie.

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Multipartenaire

Publié: 12 décembre 2014 par L'épicène dans 3615mavie, nos essais
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Je dédie cette petite mise au point à tous les mecs qui ont insisté pour baiser sans capote alors que je n’étais pas d’accord.

Ça t’évoque quoi, le mot « multipartenaire » ? Tu es sûr qu’on parle de la même chose ?

*

Multipartenaire, même si tu es « clean », même si tu n’as  pas du tout d’autre partenaire et que je te fais confiance, ça ne veut pas dire que tu peux choisir entre mettre une capote et prendre un risque en baisant avec moi.

Ça veut dire que je porte une responsabilité envers tou’s mes partenaires, toi y compris. La capote n’est pas une garantie à 100% de ne rien attraper, alors je l’utilise pour me protéger mais aussi pour te protéger au cas où j’aurais attrapé quelque chose depuis mes derniers tests. Et ce n’est pas parce que toi tu t’en fous de prendre le risque que je te refile une maladie, que moi je veux forcément le prendre aussi.

– Quoi, je ne peux pas faire de toi un danger pour moi si ça me chante ?
– Non bébé, tu ne peux pas faire ça.

*

Multipartenaire, ça ne veut pas juste dire que tu es d’accord pour que j’aille « baiser ailleurs ».

Ça veut dire que quand je baise avec toi, je suis aussi en train de « baiser ailleurs ». Tu es sûr’ d’être « clean » et si tu étais mon seul partenaire ça me conviendrait. Mais une erreur est toujours possible, et mes autres partenaires aussi ont le droit que je me comporte de façon responsable envers elleux.

– Quoi, aucun de tes partenaires n’est le centre du monde ?
– Oui bébé, exactement.

*

Et comme ça n’a pas l’air de rentrer, avec ou sans lubrifiant je voudrais ajouter encore une chose : safe is sexy !


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