Articles Tagués ‘ordre’

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La pilule rouge, c’est un truc qui m’est tombé dessus et que j’ai commencé par regretter amèrement. Ça a démarré lentement, une rencontre par ci, une lecture par là, suivies de quelques observations, des choses que je me suis mis’ à remarquer. Ensuite ça s’est accéléré parce qu’à mesure que les problèmes m’apparaissaient, j’ai cherché des solutions mais ça ne faisait que me faire prendre conscience de plus de problèmes. Par exemple en lisant des féministes afro-américaines, des liens me sont apparus entre le sexisme qui commençait à m’obséder, et le racisme dont j’avais une vision très floue et lointaine. J’ai compris que j’étais profondément concerné’, en fait j’ai compris que j’étais blanc’, que je faisais partie du système raciste, que même mon féminisme était raciste.

Les militant’s que j’ai rencontré’s dans des discussions ou à travers des lectures, parlaient de privilèges et d’oppressions qui jusque là avaient été invisibles pour moi. Ma réalité s’est peuplée de réalités différentes, comme les bâtiments dont je remarquais tout d’un coup que l’accès était difficile pour les gens en fauteuil roulant. J’ai réalisé qu’il y avait des gens qui vivaient dans les caravanes de la zone d’accueil des gens du voyage, et qui pouvaient se retrouver privés d’eau sur un caprice de la mairie. Les pancartes « à vendre » et « à louer » qui sont trop nombreuses dans mon quartier, sont devenues des signes de la spéculation immobilière qui accompagne la gentrification.

La Françafrique, le slut-shaming, les contrôles au faciès, les viols correctifs, les centres de rétention, la Jungle de Calais, les épisiotomies abusives, Frontex, la psychiatrisation, les flashballs, la souffrance au travail, la viodéosurveillance, le business pharmaceutique, le privilège des études, la norme des corps minces, les meurtres racistes de la police, la mutilation des enfants intersexes, le système carcéral, etc, etc, etc, etc.

Souvent je me suis dit que ce serait sans fond, que cette prise de conscience et cette recherche d’intégrité me prenaient toute mon énergie et que je ne pourrais jamais explorer toutes les pistes. Ça faisait mal, j’ai cru que j’allais me cramer le cerveau, que la pilule rouge avait transformé ma vie en un cauchemar sans fin. Pourtant j’ai continué, parce que cela me paraissait indispensable. Non : parce que ne pas le faire me paraissait intolérable. Parce que j’avais appris comment apprendre, parce que mon regard continuait à s’aiguiser tout seul. La pilule rouge a déversé en moi ses molécules étranges et j’ai traversé plusieurs années de fièvre et de souffrance. Désespoir, hargne inextinguible, peur de m’isoler de plus en plus, sensation de suffoquer au milieu de toute cette merde…

Maintenant, je peux sentir que cette quête évolue mieux que je ne le prévoyais. La colère qui me submergeait à chaque nouvelle prise de conscience, m’habite toujours mais en toile de fond, comme un leitmotiv dans mes actions et réflexions. Au contraire, ces nombreuses prises de conscience que j’ai vécues comme des baffes, viennent en quelque sorte relativiser les choses que je découvre aujourd’hui. Je ne me sens pas anesthésié’ pour autant, ça me touche, mais ça ne me désespère plus. Le monde a cessé de s’écrouler autour de moi : vu que ça, c’est fait. Et je ne le regrette pas, bien au contraire ! Mes anciennes croyances sur le fait qu’un semblant de justice existerait dans tel ou tel domaine, sur la neutralité de certains auteurs, de certains outils, etc, ont disparu et j’en ai fait le deuil. Tout ça me désespérait et me prenait beaucoup d’énergie. Une fois la désillusion passée, je constate que je peux faire avec.

Mes fréquentations ont été impactées par ce chambardement qui a eu lieu dans ma vie : je ne pouvais plus supporter les gens qui tenaient des propos sexistes, et je découvrais de plus en plus le sexisme contenu dans des idées banales, dans des phrases anodines. Ça m’a forcé à faire un peu le tri dans mes relations, ça m’a éloigné de certaines personnes ; j’en ai aussi rencontré d’autres avec qui je partage plus de choses. À peu près à ce moment là, j’ai commencé à réaliser qu’il n’y avait pas un « eux » et un « nous » mais que ce sexisme, ce racisme, toutes ces oppressions, je les véhiculais autant que les autres, que c’était tout le monde. Ça m’a rendu’ plus modeste et j’ai arrêté de partir en croisade, de me retrouver sans arrêt en conflit avec les autres. Ça m’a amené’ à me pencher sur mes propres idées et comportements.

Et ça aussi, au début ça m’a paru insurmontable : tant de choses à changer, des habitudes si bien ancrées, un tel aveuglement… mais en allant dans cette direction, j’ai réalisé que le chemin m’apportait autant que les buts que je m’étais fixés, et même beaucoup plus. J’ai aussi commencé à trouver des récompenses dans mes efforts : des rencontres, des trucs que je comprenais ou qui se mettaient à s’articuler, des activités que je me refusais avant, le bricolage par exemple. Une autre forme d’humour aussi, une expression qui est devenue plus satisfaisante et en même temps plus libérée. Je m’aperçois que j’ai pris de l’aisance pour expliquer certaines choses, que je peux amener les gens à comprendre des trucs sans forcément les heurter. C’est une façon stimulante de me rendre utile, ça me pousse à creuser et ça me permet de partager.

Le chemin n’a pas de fin, c’est une idée qui m’a d’abord écrasé’. En fait ça m’a permis de revoir mes exigences à la baisse : je ne peux pas cesser totalement de véhiculer ces oppressions, je peux seulement faire de mon mieux. Je me sens à la fois réconcilié avec moi-même, et plus léger’ : je sais enfin quoi faire, par quel bout prendre le problème. Je ne suis pas un super-héros et je ne sauverai pas le monde, par contre je peux agir concrètement sans attendre le grand soir. J’ai même appris à faire des compromis dans ma vie, à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. J’ai trouvé mes repères, les choses qui me vont, celles que je peux accepter, celles que je combats avec ou sans diplomatie, et celles que j’évite simplement, sans me prendre la tête, comme j’évite de manger trop pimenté ou d’avoir à marcher vite pendant mes règles.

En résumé je dirais que oui, je vais devoir m’y coller pendant le reste de ma vie, mais que je me suis formé’ à ça. Je me sens rôdé’, c’est devenu supportable et même parfois joyeux. Je suis tout simplement en chemin. Et vive la pilule rouge !

Travail n’est pas plaisir

Publié: 14 septembre 2014 par jmenti dans antisexisme appliqué, poèmes
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Plaisir ou sex , œuvre du démon.
Pêcher mortel est son surnom
Le travail c’est la santé ,
Qui pourrai en douter ?

N’évoque jamais le contraire
L’on te lancerai des pierres
Ne mélange pas les deux
Même si sa te rend heureux.

Ne rencontre pas les petit gens
Écoute le tout puissant
Mais non point d’étiquette

Moi le cerveau toi le corps
Obéis pour ménagé ton effort
L’épouvantail quel bel recette…

De l’ordre au chaos

Publié: 5 juin 2014 par jmenti dans cris, nos essais
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Début février les bulldozer sont arrivé prêt de chez nous.
A savoir que pour eux le temps presse.
Le quartier étant depuis longtemps dans des projet diverse et de sombre
enjeux de pouvoir entre La mairie de Nancy et la Communauté Urbaine du
Grand Nancy.
Ils leur faut donc ne pas tarder à les appliquer avant que les sièges
changent.
Pour nous la réalité de ces travaux et bien loin de leur parlote de salon.
Cela nous rappelle ou l'on se trouvent, et un telle puissance dégagé fait
relativisé la solidité de notre habitat.
N'importe lequel de ces engins pourrais en une journée détruire la
structure principale du bâtiment.
Les tremblement sur nos plancher nous le rappel tout le long des journée
de la semaine.

Quelque pantin, fier de leur responsabilité ( Sécurité Urbaine ...),
son venus à nous.
Ils nous tende la main afin que l'on comprenne qu'il ne sont pas mauvais.
Nous prévenir que l'huissier ne saurait tardé, et qu'il serait bon de
parlé relogement...
Malheureusement pour eux qui doivent peut regardé le ciel cela est arrivé
le jour même de la pleine lune.
J'étais alors au plus haut de mon énergie.
Leur expliquas que manifestement il n'avais rien compris, que leur simple
papier (diffusé à tout les sdf) ne me satisferait pas.
Pour ma part les seuls solution envisageable était le rachat du bâtiment
pour un euro symbolique ou l'affectation à un F18 semblable.
Comment pensait-ils m'amadoué avec un intérieur ou je n'aurais même pas
pus me tenir debout avec mon chapeau ?

Ni ré-étiqueté ni ré-inséré !
Voilà notre victoire

Au bulldozer on suivit les espaces verts.
Au grand boum les petits tics.
Non pas d'arbre juste des pavés !

Paria pour toujours!
Si dehors l’ordre s'installe,
à l'intérieur le chaos règne.