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Stay Mellow

Publié: 22 janvier 2014 par L'épicène dans cris, musique
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Remontez le moral à quelqu’un, il vous fera découvrir LA chanson qui remonte le moral. Ainsi va la vie dans toute sa splendide sagesse sans queue ni tête.

Toy dolls – Stay mellow

Things do go wrong, it’s not long since I’ve been blue,
But I know the remedy, I can see just what to do…

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

I was upset and in debt with no money,
But I did not stay sad, it’s not that bad, so remember…

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

Oh if you are down in the town with no bus fare,
Start walking and smile, in a while you’ll be back home.

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

Lettre à une cantatrice

Publié: 9 décembre 2013 par tristessecontemporaine dans Lis.tes.ratures
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L’Art de l’Oisiveté est un recueil de textes écrit par Hermann Hesse ; « Écrits entre 1899 et 1959, les textes réunis ici  parlent de musique, de peinture, de livres, de villes, de paysages, de rencontres. À travers eux, Hesse définit sa position face au monde contemporain et propose un nouveau rapport à l’existence, qu’il nomme «l’art de l’oisiveté». Prônant l’humour, le scepticisme, l’esprit critique, bref, la liberté de l’individu, il touche ici à l’essentiel, ce qui explique pourquoi ces textes sont aujourd’hui encore si actuels. »

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L’extrait suivant est tiré de Lettre à une cantatrice. Il s’adresse effectivement à une cantatrice mais c’est une lettre qui n’est pas destinée à être réellement envoyée. Il y aborde différents thèmes, celui de la musique bien-sûr, mais aussi celui de l’individualisme comme moyen de ne pas céder à la « psychose de masse ».

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La jouissance artistique n’a pour moi rien de commun avec l’ivresse ou le désir de s’instruire. Elle est oxygène, nourriture, et lorsque j’entends une musique qui me répugne, une musique trop doucereuse, trop mielleuse ou trop piquante à mon goût, je la rejette de façon presque instinctive, non comme un critique doué d’une profonde connaissance de l’art. Cela n’exclut pas cependant que cet acte instinctif se révèle bien souvent justifié lorsqu’il est ensuite soumis à l’examen de la raison. Les artistes ne peuvent subsister sans cet instinct, sans cette hygiène de l’âme que chacun pratique à sa manière.

Mais revenons à la musique. Mon éthique artistique est sans doute légèrement teintée de puritanisme ; c’est l’éthique saine d’un homme qui est à la fois un créateur et un individualiste. Elle suppose une sensibilité extrême à toute forme de nourriture spirituelle, mais aussi une crainte non moins exacerbée face à toutes les orgies célébrées par la communauté, essentiellement face à celles où se manifeste l’âme collective, une sorte de psychose de masse. C’est là le point le plus délicat de ma morale. Autour de lui se concentrent en effet tous les conflits qui opposent la personne à la communauté, l’âme individuelle à la masse, l’artiste au public. Moi qui suis désormais vieux, je n’oserais pas réitérer aujourd’hui encore ma profession de foi individualiste si, dans le domaine spécifique de la politique, mes susceptibilités et mes intuitions souvent blâmées par les gens normaux et irréprochables ne s’étaient pas révélées justifiées de façon terrifiantes. J’ai vu bien des fois des salles entières, des nations entières être prises d’une ivresse et d’un délire faisant de la multitude des personnes un peuple uni, une masse homogène ; j’ai vu disparaître alors toute forme d’individualité, j’ai vu des centaines, des milliers, des millions de gens transportés par l’enthousiasme de la communion, de la fusion de toutes les pulsions en une unique pulsion collective, envahis par un désir de dévouement, d’abandon de soi, par un élan héroïque s’exprimant d’abord par des appels, des cris, des scènes de fraternisation pleine d’émotion et de larmes, puis finissant dans la guerre, la folie, et un immense flot de sang. Mon instinct d’homme à la fois individualiste et artiste m’a toujours prévenu de la manière la plus radicale contre cette capacité des êtres à se laisser enivrer par la souffrance collective, la fierté collective, la haine collective, l’honneur collectif.

Hermann Minet

Hesse et un minet

Mardi 12 novembre. Lausanne, Les Docks. Date de la tournée de Steven Wilson pour son 3e album solo, A Raven That Refused to Sing (And other stories).

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On arrive une demi-heure avant l’ouverture des portes parce que je me suis un peu trompé dans l’horaire. Mais c’est pas bien grave, il ne fait pas vraiment froid et ça nous laisse le temps de manger nos super sandwichs. La conception était de moi, mais faut l’avouer, l’idée de griller les courgettes était de G. Sinon c’est cool, M. ne fait pas de réaction de rejet vis-à-vis du tofou lacto-fermenté.

Après une fouille rapide, et un remisage obligatoire d’appareil photo à la consigne, nous voici dans Les Docks. Au dedans, pas de pirates fantômes ni de fantômes pirates, mais de beaux volumes et un devant de scène encore bien dégagé. Nous serons au deuxième rang. Pas mal…

Crunch crunch, moi, le plus lente mangeur de la Terre, finis d’avaler mon sandwich.

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L’heure approche. Je suis nerveuxe, parce que mon niveau de fanitude Wilsonesque a constamment augmenté dans les jours qui ont précédés. J’ai vu des morceaux de live des interviews, j’ai écouté deux des ses albums et je suis entrain d’apprivoiser le troisième (chronologiquement, le premier). En fait, ça a commencé à être SÉrieux avec Anesthetize, un morceau qu’il joue avec l’un de ses groupe (<3 Porcupine Tree ❤ – oui, avec des ptits cœurs, eux ça fait quelques années que je les aime bien). Au début, je ne l’écoutais jamais jusqu’au bout. Je devais zapper au moment où ça part en « cacahuète » ; genre où le coté métal prog rattrape le coté rock prog, avec de l’instru ‘bien noisy’ entre deux volées de lyrics. Moi vous savez, je manie ces concepts en amateur, alors je vais essayer d’être plus clair ; un style de musique peut être qualifié de progressif lorsque qu’il rassemble des éléments tels que complexité de composition, influences musicales diverses (jazz, musique classique…), instruments inhabituels, morceaux longs voir très longs… Wiki en parle plutôt bien.

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Bref, c’est pas ce qu’il y a de plus accessible. Pour ce qui est de la musique de Wilson en solo et de Porcu, il y a les éléments prog, mais selon mon point de vue il y a des moments plus « simples que d’autres » qui permettent de rentrer dedans. Une fois que l’on y est, avec un peu d’insistance et une base d’affinité pour le rock et les trucs qui sortent de l’ordinaire, il est possible que l’on finisse par adorer.

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Mais revenons au concert.

Je ne vérifie plus l’heure qu’il est, j’attends. Une vidéo se lance sur l’écran qui couvre l’arrière de la scène. Plan fixe sur un mur de brique et un défilé de passants. Un homme emmitouflé dans un manteau d’hiver, portant chapeau et écharpe s’arrête devant le mur. Il boit un café. Il sort une guitare sèche. Ses cheveux sont bruns « mais » attachés en queue de cheval, ce qui n’est pas assez typique du « style Wilson » pour que je puisse être certain que ce soit lui. Lorsqu’il commence à jouer Trains, alors, là… Lorsqu’il arrive en chair et en os sur scène et qu’il accompagne le jeu de son double en 2D, alors, là… Ça commence, pour de vrai !

Trains, ce hit de Porcu… J’avais plaisanté sur le fait que ce pourrait être une des chansons que je réclamerais si, finalement, j’allais le voir en concert (bien que ce ne soit pas un de ses morceaux à lui tout seul, bien que ce soit cliché de plébiscité un hit plutôt qu’un morceau-super-pas-connu-voyez-comme-je-suis-connaisseuse-et-exigeant).

Entrée fracassante donc, scotché je l’ai été mais quelque chose clochait un peu : Wilson n’était peut-être pas au mieux de sa forme ; il assurait mais n’était pas tout à fait à l’aise. Ce n’est pas une machine, impossible de lui en vouloir :] Et puis, son humeur s’est visiblement améliorée durant le concert.

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Enchaînement sur Luminol – durée : 12/13 minutes – bel exemple de piste majoritairement instrumentale où il faut « s’accrocher » lorsque l’on n’est pas familier avec ce style. Beaux moments au piano. Envolées de flûte. Jeu de basse de début sec et rapide. Riff de guitare entêtant.

Wilson a écrit cet album en pensant aux musiciens qui le joueraient avec lui et ça se sent, ils apparaissent sous leur meilleur jour et leurs instruments sont tour à tour mis en valeur – tout ça en gardant une belle harmonie d’ensemble !

http://www.youtube.com/watch?v=tlWv9tlaMAk

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Wellwellwell, je ne vais pas commenter le concert dans son intégralité.

J’ai un faible pour les morceaux les plus posés et mélancoliques ; pour moi, Drive Home et The Raven that Refused to Sing sont des merveilles. Mélodies imparables mais pas non plus trop catchy – elles restent élaborées et raffinées. Histoires d’êtres aimés perdus à jamais, souvenirs qui hantent.

Les clips sont très beaux (et horrible(s), comme dirait M.^^) :

http://www.youtube.com/watch?v=u4XevlloPY4

http://www.youtube.com/watch?v=ycYewhiaVBk

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The Watchmaker est (aussi) un des morceaux que j’ai préféré. Enrubannée dans sa mélodie continuellement mouvante, j’étais grisé. Le saxo est discret mais il ajoute vraiment de l’épaisseur au tout. Final qui envoie, histoire de conclure en grande pompe, et d’illustrer la conclusion tragique de l’histoire.

http://www.youtube.com/watch?v=2Hp6lYx4Fvw

Index. De belles images dans le style du clip ont été projetées. J’aime énormément, particulièrement, l’ambiance de ce morceau. Instrumentation minimaliste, froide, en rapport direct avec les paroles. Chant captivant, presque parlé. Confession d’un collectionneur qui ne vit que pour amasser des objets… et des êtres.

http://www.youtube.com/watch?v=dte3-sSkWic

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Nous faisons de la musique triste mais nous le prenons avec humour. L’histoire du Lapin troll.

Un concert vivant.

Au début du concert, après de mignons « Bonsoir, merci beaucoup », Wilson nous précise qu’il ne parle pas français. Ce n’est pas un soucis pour moi et les autres anglophiles ; sa diction est excellente. C’est d’ailleurs super gratifiant d’écouter ses interview et de tout capter. Ou est-ce parce que je me suis habituée à son accent que je le trouve si compréhensible ?^^

Il y a eu plusieurs interludes entre les morceaux. Lors de l’une d’entre elle, Wilson explique qu’il n’est pas très doué en solfège (mais oui mon petit, nous te croyons!) et que du coup, pour donner des instructions aux musiciens, il utilise des images. En guise d’exemple, il commence à dépeindre l’histoire d’un gars suédois perdu dans une forêt … il demande à Govan d’improviser à la guitare, au fur et à mesure ; air triste … ce suédois apprend que sa femme le quitte et emmène les enfants avec elle … mélodie plus triste encore … le suédois rencontre des animaux dans la forêt et communie avec eux … mélodie plus joyeuse … les animaux s’enfuient parce qu’arrive un troll enragé (« rabid troll » et non pas « rabbit troll » comme ce que j’ai jovialo-naïvement cru comprendre – j’avais Mumin Troll en tête^^) …

Govan, comme les autres musiciens, n’a quasiment pas dit un mot. Mais, comme les autres musiciens, il avait des expressions et un air sympathiques en général – mimant notamment l’incompréhension et la surprise quand Wilson lui demandait d’improviser^^.

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Plus tard dans le concert, cette histoire sera poursuivie avec Holzman (le claviériste) dans le rôle de l’interprète pris au dépourvu … Notre suédois arrive dans une clairière (qui se dit « glade » – devant l’incompréhension de certain.e.s (moi compris) il explique ce que c’est, ajoutant « Je ne suis pas sûr moi-même de la signification de ce mot », ^^) … Il y trouve un mellotron. Wilson nous demande si nous connaissons cet instrument puis en donne la définition (j’avais déjà été le demandé à Wiki suite à l’écoute de Mellotron Scratch (morceau de Porcu) :}) … Le suédois joue d’anciennes mélodies … Holzman joue des morceaux de morceaux que je n’ai pas reconnu (→ M. ? ) … puis le début de la chanson suivante, poursuivant le set.

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Nouveaux morceaux.

Avant de commencer à jouer l’un des nouveaux/futurs morceaux, Wilson lance « Certain.e.s d’entre vous prennent des vidéos et ça ne pose pas de problème, mais s’il vous plaît n’uploadez pas les nouveaux morceaux sur internet parce que j’aimerais qu’ils restent des surprises pour celleux qui écouteront le prochain album ». Fair enough^^. Il poursuit en disant que la chanson n’a pas encore de titre, et qu’il est ouvert à nos propositions. Dans le brouhaha, il retient « Swiss cheese » mais n’en semble pas très convaincu^^. Une autre nouveauté sera jouée pendant le rappel. Il précisera que celle-ci par contre a déjà un nom ; Happy return.

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Les pieds nus.

Wilson a pour particularité de jouer pieds nus. De jolis pieds qui aurait probablement intéressés L.^^

(infos wiki : ) Il se rappelle avoir dédaigné les chaussures dès l’enfance et ajoute que c’est pratique pour utiliser les pédales de ses guitares.

Ce n’est pas toujours très safe, mais rien ne semble pouvoir le dissuader de continuer^^ : « « I’ve stepped on nails, screws, drawing pins, stubbed my toe, I’ve come off stage with blood just coming out… I mean, I’ve had it all mate, but to be honest, nothing’s going to stop me. » »

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Divers.

À un moment du concert, une toile diaphane tombe entre la scène et le public. Les images se retrouvent projetées dessus, le groupe se devine derrière. La toile tombe avant la fin du concert.

Les claviers étaient habillés de beaux coffres de bois.

Les jeux de lumière étaient travaillés.

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Wilson sera vu avec une Red Bull à la main, puis avec un gobelet rempli d’une sorte de boisson brun clair. Une fan et pseudo puriste de la bouffe comme moi en a été un peu attristé – puis nous avons constaté qu’au bar, il n’y avait que très peu de choix en matière de boisson non-alcoolisée ; c’était Red Bull ou coca ! Et puis ce n’était pas donné. En somme, le seul reproche que l’on peut faire à cette salle de concert.

Il faut que M. vous parle de l’unisson de basse Beggs/Wilson. Moi, à part dire que Wilson avec une basse je ne pouvais que kiffer je n’ai pas grand chose à ajouter.

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Conclusion.

Bien qu’amateur de musique, je ne vais pas très souvent voir des concerts. J’aime avoir un rapport plus « personnel » avec la musique que j’écoute. Pourtant j’ai été convaincue et charmé par cette performance parce qu’elle était non seulement impressionnante, mais de plus chaleureuse, maîtrisée et… émotionnante. En plus j’étais avec des gens cool, dans un endroit cool… Du souvenir qui rocks, ce qui m’a donné envie d’écrire cette tartine de texte sur ce blog si prometteur.

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Line-up.

Steven Wilson : chant, guitare sèche et électrique, basse, claviers (mellotron ?)

Nick Beggs : basse, choeurs, chapman stick

Adam Holzman : claviers (selon le wiki de l’album : minimoog, orgue Hammond, piano)

Theo Travis : saxophone soprano, flûte traversière

Guthrie Govan : guitare

Marco Minnemann : batterie, percussions

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Set list. (doit être à peu près valable)

. Introductory Video (Bass Communion song) (??)
. Trains (Porcupine Tree song)
. Luminol
. The Holy Drinker
. Postcard
. Drive Home
. Untitled New Song
. The Watchmaker
. Index
. Harmony Korine
. Raider II
. The Raven That Refused to Sing
Encore :
. Remainder the Black Dog
. Happy Returns
. Ljudet Innan (Storm Corrosion song) (??)

http://www.setlist.fm/setlist/steven-wilson/2013/les-docks-lausanne-switzerland-7bc48e0c.html

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