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Article original : Feeling Is Not Weakness: Sadness, Mourning and Movement https://radfag.wordpress.com/2015/05/14/feeling-is-not-weakness-sadness-mourning-and-movement/ sur le blog de Radical Faggot.

Sentiment n’est pas faiblesse : tristesse, deuil et mouvement

Martinez Sutton prend la parole à propos du meurtre de sa sœur Rekia Boyd

Alors que nous construisons notre force collective, comment faisons-nous pour nous autoriser aussi à être vulnérables ?

Beaucoup de mouvements qui ont lieu en ce moment, à une échelle globale (mais en particulier aux États-Unis) représentent des changements politiques que j’ai espéré depuis aussi loin que je me souvienne. De sorte qu’il est difficile de comprendre pourquoi je me suis senti aussi triste ces derniers mois. Cette tristesse est en partie faite de deuil. Chaque jour, il y a de nouveaux noms de femmes trans, d’ados, de gens queer, de pères, de mères, de bébés qui ont été assassinés par la police, ou absorbés dans les prisons. J’entends leurs histoires, je suis témoin des détails révoltants sur les vidéos, gavé de violence implacable. Je suis en deuil face à la perte de leurs voix, leur sagesse, leur lumière. Je pleure pour leurs familles, notre famille. Je suis en deuil des vies de ces jeunes opprimés, de la violence à laquelle ils sont ou seront bientôt confrontés. Mais une autre partie de cette tristesse vient de quelque chose d’autre. Elle vient de la confrontation à une réalité politique qu’il serait, en fait, plus facile d’ignorer. Beaucoup d’entre nous arrivent à se lever le matin, à survivre dans notre quotidien, en n’examinant pas notre oppression de front – en tout cas pas systématiquement. Nous savons que nous ne pouvons pas nous permettre de ressentir la rage et la douleur qui nous reviennent constamment. Ce n’est pas tenable. Cependant l’émergence d’un mouvement signifie, précisément, une confrontation. Cela crée de nombreux exutoires pour l’expression de cette rage et de cette douleur. Ce qui, en retour, implique de vivre au milieu de notre propre réalité de violence, d’une façon que sinon nous éviterions intentionnellement. En tant que personne racisée qui a longtemps vécu dans des espaces blancs de classe moyenne, j’ai l’habitude de devoir expliquer ad nauseam ma vision des choses de personne opprimée, et j’ai l’habitude de la voir mise de côté. J’ai l’habitude d’être traité avec condescendance par des gens qui n’ont jamais fait l’expérience des épreuves que je vis, et qu’on me dise que je suis trop jeune pour parler des réalités historiques de mon propre peuple. Mais même si l’organisation actuelle expose au grand jour la suffisance blanche, étayant les revendications fatiguées des communautés Noire et Métisse, et même si des membres de ma communauté prennent conscience du véritable état et des objectifs réels des forces de l’ordre dans ce pays, une petite et étrange partie de moi a été révélée. Une toute petite, étrange et triste partie de moi qui aurait voulu qu’ils aient raison, que j’aie exagéré, qui aurait voulu que j’aie inventé tout ça. La légitimation de toutes ces années où j’ai supplié et débattu ne m’a pas permis de me sentir justifié ou plus fort, mais triste. Je suis triste d’avoir raison, triste que notre réalité soit aussi horrible que je l’ai toujours senti. Ironiquement, la vision que j’ai longtemps pressé les autres d’avoir est soudain une chose dont je voudrais pouvoir me détourner. En effet, une autre composante de ma tristesse est de mesurer véritablement ce qu’est la réalité sociale, politique et économique des Noirs et des Métisses dans ce pays. Tandis que les soulèvements, de Ferguson à Baltimore, en ont amené certains à discuter de la violence d’état et de l’apartheid moderne, pour ceux d’entre nous qui vivent cela au quotidien, les mouvements actuels pour la justice nous ont révélé que nos expériences de violence n’étaient ni localisées, ni isolées. Au lieu de connaître simplement les histoires vécues par nos familles, nos amis, et nos propres démêlées avec la justice, on trouve soudain une documentation (inter)nationale sur à quel point nous sommes sans cesse harcelés, emprisonnés, tués, et à quel point l’état peut se permettre de faire ça impunément. Nos témoignages -bien que décisifs dans nos propres vies- se retrouvent soudain, et de manière déstabilisante, situés dans un contexte global, et l’abrupte décompte des morts dresse un tableau qui d’une certaine façon est plus laid encore que lorsque cela concernait seulement notre immeuble, notre voisinage ou notre ville. Il est triste de réaliser que ce n’est pas juste un policier, juste un service. Il est triste de réaliser qu’il y a tout un réseau conçu pour nous faire du mal, et pour protéger ceux qui nous font du mal. Il est déprimant de réaliser à quel point l’étendue de l’empire est redoutable. Qui plus est, ma tristesse comporte de la culpabilité. Je suis coupable d’être triste. La tristesse sent la faiblesse. Je sais très bien que l’enjeu de la propagande contre nous, l’enjeu des meurtres d’état, des acquittements de policiers, du harcèlement et des emprisonnements, est la démoralisation. Je me sens coupable d’être démoralisé. Je devrais être en colère. Je devrais être enflammé d’une passion inextinguible. Je devrais me montrer aussi implacable que l’état. Si je suis triste, l’état a gagné. Si je suis triste, le combat est terminé. Ce que, depuis peu, j’essaie d’avoir à l’esprit, c’est : humanité n’est pas faiblesse. Ce n’est pas une idée dont je viens de prendre conscience, mais que je viens de me donner la permission d’habiter. Les sentiments, bien qu’ils puissent me rendre vulnérable, ne me rendent pas faible. Le deuil est ce que j’ai à faire lorsque des gens que j’aime me sont pris. Souffrir à cause des douloureuses réalités que mon peuple et moi-même vivons, est plus que compréhensible. Cela montre que je n’ai pas succombé, que je n’ai pas accepté la réalité courante, violente, que je n’ai pas abandonné la croyance en ma propre valeur. Les qualités qui rendent l’état accablant, sont celles-là mêmes qui le rendent faible. Une froide dévotion au profit, à l’amassement grotesque de ressources au dépend de la communauté, du peuple et de la planète, ce n’est pas de la force. Il n’y a, en fait, rien de plus triste que de croire au sacrifice de la vie contre des choses matérielles, du contrôle, et du pouvoir. La violence la plus intense -que nous voyons encore accélérer- , l’effacement intentionnel de l’histoire, l’usage de la force militaire, la mise à l’isolement, la négation de droits élémentaires, les attaques, les abus, ne feront jamais cesser nos communautés de ressentir. Cela ne mettra jamais fin à notre amour pour nos propres vies, pour les vies de nos ancêtres, pour les vies de nos enfants. Cela ne nous dissuadera jamais de riposter. Ma tristesse prouve mon amour, et mon amour prouve que je suis mené par de profonds liens spirituels envers mon peuple – passé, présent et à venir. Et exactement comme il serait inapproprié pour nous d’ignorer la violence, d’ignorer la réalité politique de notre oppression, il serait tout aussi inapproprié de faire comme si cela ne nous avait pas atteint, comme si cela ne nous atteignait pas. Être touché par quelque chose ne veut pas dire être faible. Et même, cela montre la présence de toutes les qualités que l’état ne possède pas, toutes les qualités qui font que le combat en vaut la peine, et qui rendent la réalisation de la justice aussi belle que possible. Faire semblant de ne pas être triste, dissimuler ma tristesse, ne me rendra pas plus fort. Étouffer mon véritable moi, renier la peur et la rage qui entourent la perte, c’est cela qui à long terme m’affaiblirait. Quand nous parlons de prendre soin de soi, de se préserver, il nous faut non seulement parler de surmonter notre chagrin, mais de l’autoriser, de lui faire de la place. Il nous faut parler de bâtir un mouvement qui nous autorise à ressentir, de toutes les façons possibles, et qui n’attende pas de nous que nous effacions ou refoulions notre tristesse au nom de l’organisation, du commandement ou de l’activisme. N’avançons pas de manière si décidée que nous ne nous arrêtions pour faire nos deuils. Nous avons le droit de pleurer pour nos pertes, pour nous-mêmes, pour nos familles, pour nos ancêtres. Laissons ce chagrin faire partie de la construction du mouvement, accordons-lui un espace sacré, et laissons-le construire en nous la compassion qui nous propulsera vers de nouvelles batailles.

L’épitaphe bleu

Publié: 8 juillet 2014 par jmenti dans nos textes
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Pré-scriptum: Cette épitaphe est la moral, conclusion, fin… D’un de mes contes intitulé un mot d’amour pour sa majesté. Il m’est impossible de l’écrire pour plusieurs raisons mais afin que le lecteur comprenne le contexte voici rapidement le Cadre.

Dans un palais se trouve deux trône un pour la lune l’autre pour le soleil.
Pourtant ce palais abrite bien plus que deux être. Les autres astre occupe donc tous des positions inconfortable.
Devant cette injustice Menti invite au changement mais rien n’y fait le palais s’obstine à n’avoir que deux trône.
Il arrive alors l’histoire très commune des fracas des transmutation « social ».
(Un pied sur l’autre tu paraît plus grand que lui).
Plus l’histoire avance plus la crypte du palais se remplis.
Quand il ne reste plus personne dans le palais est que la crypte est pleine mon contes ce fini la suite étant une histoire bien connus (a vous de trouver).
J’offre donc à un personnage trop mal compris le loisir de se faire un épitaphe.

 » Vous qui vivez dans un palais, entendez mes regrets.
J’ai sentis le vents souffler pourtant je ne suis pas partis.
Voyer mon palais en ruine, il n’y à plus ni musique, ni danseur.
Pas plus que de convive ou de festin.
Seul reste l’Écho des pas de la dernière lune.
Le grincement de la trappe qu’on ouvre.
La trappe qui mène à la crypte.
C’est pas faute d’avoir prévenus que cette descente n’aurais rien d’enviable.
Reniflez l’odeur pestilentielle, comprenez vous de quoi je parle ?
Du passé et ses cadavres.
Si j’ai offert mon trousseau sans omettre de clefs ce n’est pas pour que l’on me juge.
Pourtant au lieu de compréhension on délibère ma mort, le bon et le conforme vienne au galop.
Me punir pour des faute non commise, mon seul tord étant d’avoir été le taulier d’un palais au mur qui entende tout et aux fenêtres trop souvent fermer.

Si vous m’avez compris, avant d’avoir peur prenez la mer. Que dis-je l’Océan !
Laisser vos meuble encombrant, ces bagages de l’exclusif.
Ne prenez que de quoi écrire. Ouvrez la fenêtre, lâcher un pigeon et envoyez vos mots d’amours »