Articles Tagués ‘contact physique’

Bientôt, pour la trente-sept-millième fois de ma vie, au moment de se dire bonjour, un type s’approchera de ma joue en ignorant ma main tendue ou le fait qu’on vient de se serrer la main. Il dira « je te fais la bise, hein » tout en le faisant, et le timing de son geste ne me permettra pas de refuser poliment.

Mais contrairement aux trente-six mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf fois précédentes, je ne choisirai pas entre subir ce contact imposé, avec ou sans protestation a posteriori, ou me reculer brutalement en donnant l’impression d’avoir un comportement inapproprié et en me faisant sommer de rendre des comptes.

Non, cette fois-ci, je le laisserai s’approcher et déposer sa bave sur ma joue sans mon consentement… et je riposterai ! C’est à dire que pour ma part, je lui ferai une bonne grosse léchouille, un « bisou de vache » comme dit mon fils.

bisou_de_vache

Comme il ne manquera pas de protester et que je suis très sympa, je lui expliquerai gentiment que c’est le seul choix qu’il m’a laissé pour équilibrer la situation : à contact imposé, contact imposé et demi !

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Pouët-pouët

Publié: 10 décembre 2013 par L'épicène dans cris
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Ceci est un cri de douleur illégitime. L’adjectif est débile, depuis quand crier de douleur pourrait être illégitime ? Mais c’est pas moi qui le dit, c’est vous, c’est nous, tous les shadocks qui tapotent en propriétaires de petites têtes rétives, bavent sur des joues moins qu’à moitié consentantes, chatouillent et tripotent des corps qui n’ont rien demandé,  sans savoir où ça les mène, sans parler du reste.

Pourquoi c’est moi qui ai honte, en plus d’avoir mal ? Pourquoi la personne qui vient de me faire pousser ce cri sauvage me regarde comme si j’étais dingue, comme si c’était mon comportement qui était incongru ? Peut-être même qu’elle a trouvé ça violent. Après tout, elle a rien fait, elle. Juste un « pouët-pouët » amical, comme ça se fait quand on veut dire bonjour à quelqu’un’ et qu’on est dans son dos. Et moi, je hurle comme si elle venait de me faire super mal, je me retourne avec un regard hostile et je lui dis qu’elle a déconné ? Non mais oh, faut arrêter le délire, là. Elle n’a rien fait de mal, alors maintenant on se calme et on la ferme.

D’abord je n’ai pas mal, parce que c’est pas possible : un « pouët-pouët » ça ne fait pas mal, c’est le sens commun qui dit ça et tant pis pour moi si je ne suis pas du même avis. Tant pis pour moi si j’ai l’impression d’avoir une plaie béante au côté, tant pis pour moi si je vais mettre des heures pour arrêter de trembler et de pleurer. Le problème vient de moi, faut que je me fasse soigner, parce que les conventions sociales ne sont vraiment pas de mon côté : tout le monde a le droit de me toucher, tant que c’est pas les seins ou la chatte, tant que c’est pas un coup, me toucher est tout simplement un droit et une banalité, et j’ai rien à dire là-dessus.

Alors ok, j’ai un problème et pas vous, ok, je vous dénie un droit qui est l’évidence même, ok je suis complètement asocial’. Je vais juste prévenir encore une fois les gens : NE ME TOUCHEZ PAS sans me demander mon avis, ne me touchez pas sans prévenir, surtout les côtes ou le ventre, surtout par surprise, parce que je suis tellement bizarre et malade dans ma tête que ça pourrait vous valoir un hurlement, des reproches, des insultes ou même des coups, oui des fois ça part tout seul. Et si vous pensez ne pas être capable de faire attention et d’éviter de le faire, ou si vous trouvez ça trop bizarre et illogique et que vous refusez de vous priver de ce petit plaisir, eh bien ne m’approchez pas du tout, c’est plus sûr.