Archives de la catégorie ‘politique & société’

Dreling dreling, les clochettes tintent et les magasins ferment, ça sent le sapin, c’est le moment d’aller retrouver tonton Francis et son homophobie supportable. Insupportable ? Pourtant vous y allez, tous les ans. Ben oui pas le choix, c’est la famille. Attendez attendez ! Vous oubliez les majuscules. La Famille. Les Cadeaux. La Bouffe. Les Traditions bien de chez nous.

Quoi j’exagère ? Qui est-ce qui dit « faut bien » et qui va partager la corvée de Noël avec d’autres non-enthousiastes bien obligés ? Qui est-ce qui y va, c’est moi ou c’est vous ? Ça pourrait être personne, si vous aviez le courage d’assumer ce dégoût que vous clamez. Mais ce que vous n’assumez pas, en définitive, c’est plutôt votre complaisance.

Vous ne les avez pas vu parader tout le mois, les maires islamophobes avec leurs crèches ? Vous n’avez toujours pas fait le lien entre l’argument de la tradition et votre propre participation à une fête chrétienne ? Ou bien vous préférez voir cette soirée comme une affaire privée, une petite réunion de famille bien loin de la tempête xénophobe. Après tout, « le privé est politique », c’est juste un slogan féministe.

Tant pis, vous y allez, c’était prévu depuis l’an dernier. Mais comme vous êtes pas bien fiers de vous, vous faites de l’humour. Vous vous distanciez. On va encore manger ces horribles Mon chéri. Que c’est dur d’être à côté de tata Simone et de son nuage de parfum. Et les gosses trop gâtés qui braillent, un petit xanax avec le coca, ça serait réglé.

Mais vous y allez. Vous allez vous empiffrer, et c’est moi qui gerbe.

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Multipartenaire

Publié: 12 décembre 2014 par L'épicène dans 3615mavie, nos essais
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Je dédie cette petite mise au point à tous les mecs qui ont insisté pour baiser sans capote alors que je n’étais pas d’accord.

Ça t’évoque quoi, le mot « multipartenaire » ? Tu es sûr qu’on parle de la même chose ?

*

Multipartenaire, même si tu es « clean », même si tu n’as  pas du tout d’autre partenaire et que je te fais confiance, ça ne veut pas dire que tu peux choisir entre mettre une capote et prendre un risque en baisant avec moi.

Ça veut dire que je porte une responsabilité envers tou’s mes partenaires, toi y compris. La capote n’est pas une garantie à 100% de ne rien attraper, alors je l’utilise pour me protéger mais aussi pour te protéger au cas où j’aurais attrapé quelque chose depuis mes derniers tests. Et ce n’est pas parce que toi tu t’en fous de prendre le risque que je te refile une maladie, que moi je veux forcément le prendre aussi.

– Quoi, je ne peux pas faire de toi un danger pour moi si ça me chante ?
– Non bébé, tu ne peux pas faire ça.

*

Multipartenaire, ça ne veut pas juste dire que tu es d’accord pour que j’aille « baiser ailleurs ».

Ça veut dire que quand je baise avec toi, je suis aussi en train de « baiser ailleurs ». Tu es sûr’ d’être « clean » et si tu étais mon seul partenaire ça me conviendrait. Mais une erreur est toujours possible, et mes autres partenaires aussi ont le droit que je me comporte de façon responsable envers elleux.

– Quoi, aucun de tes partenaires n’est le centre du monde ?
– Oui bébé, exactement.

*

Et comme ça n’a pas l’air de rentrer, avec ou sans lubrifiant je voudrais ajouter encore une chose : safe is sexy !

On m’a demandé si mon agresseur était « un client ». J’ai répondu que nous avions certes pris rendez-vous dans le cadre de mon travail, mais que non, ce n’était pas un client. En disant cela, j’ai vu l’étonnement se peindre sur des visages, l’incompréhension s’y installer. Alors je suppose qu’il faut que j’explique. C’est toujours à nous d’expliquer, de rendre des comptes, de répondre à des questions que les gens trouvent stupides quand on les leur retourne. Bon ok, allons-y.

Une fois quand j’étais jeune, j’ai piqué des trucs dans un grand magasin. Enfin, j’ai essayé, mais je me suis fait prendre. Pendant qu’on attendait la police, l’un des vigiles a dit à quelqu’un du magasin d’aller remettre mes courses en rayon. J’ai protesté :

– Attendez, laissez-les là. Je veux les acheter.

– Non, vous ne pouvez pas.

– Mais c’est stupide ! Il faudra que je revienne et que je reprenne les mêmes choses en rayon pour pouvoir les acheter ?

– Non. Vous n’aurez plus le droit d’entrer dans ce magasin.

– Ah ? Mais alors laissez-moi les payer tout de suite.

– Non.

Vous voyez le rapport ? Ce magasin a décidé que je ne faisais plus partie de leur clientèle, parce que je n’avais pas respecté leurs règles du jeu. Avant ça, je pouvais y entrer et acheter tout ce que je voulais. Après, ce n’était plus possible, même pas « juste les provisions qui sont là ». D’ailleurs, ce n’est même pas encore aussi simple…

Tout le monde peut entrer dans un grand magasin… tant que ça convient à la direction du magasin ; mais si par exemple vous êtes manifestement ivre, si votre comportement ne leur convient pas ou si vous êtes sur leur liste noire, ils ne vont pas vous laisser entrer.

On peut tout acheter dans un grand magasin… enfin, tout que ce qu’ils acceptent de vendre ; les caddies, les néons, les rayonnages ou même parfois un produit mal étiqueté ne vous seront cédés ni pour deux sous, ni à prix d’or. Et bien sûr le magasin lui-même n’est pas à vendre.

Vous comprenez mieux, maintenant ? Ce sont eux qui décident si vous êtes un client. Ce sont eux qui décident ce que vous pouvez acheter. Ce sont eux qui décident à quel prix, à quelles heures et sous quelles conditions.

Eh bien les putes, c’est pareil. On n’est pas « à vendre ». On accepte, sous des conditions bien précises, de vendre des services bien précis. C’est nous qui décidons à qui, où, quand et comment. Et le statut de client est révocable à tout moment, en particulier si quelqu’un ne respecte pas nos règles du jeu.

C’est incroyable, comme comparaison. Moi qui me bats pour qu’on arrête de parler de « marchandisation » de nos corps, je prends l’exemple d’un supermarché… C’est incroyable que les supermarchés exercent leur pouvoir, posent leurs conditions de manière aussi invisible à vos yeux, tandis que ce même pouvoir, vous ne pouvez même pas imaginer que les putes l’exercent aussi…

La déserteuse

Publié: 5 octobre 2014 par L'épicène dans antisexisme appliqué, cris
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à Virginie Despentes, qui a fait du stop, qui a été violée, et qui a refait du stop

 

Monsieur le Président,

Je suis au tribunal

Pour une affaire banale

Un crime, un incident.

*

Je viens de recevoir

Moultes avis sévères

Qu’ai-je bu dans mon verre ?

J’aurais dû le savoir.

*

Monsieur le Président,

Je ne veux pas me taire

Je ne laiss’rai pas faire

Et j’ai du répondant

*

Pourtant sans hésiter

Il faut que je vous dise

Ma décision est prise

J’ refuse de me méfier.

**

Depuis que je suis née

Pour moi ça sent l’ roussi

Pour les copines aussi

Et à nous d’ nous garer.

*

Ma mère a tant souffert

Elle est muette comme une tombe

Juste avant qu’elle me ponde

Les bleus, c’était mon père.

*

Quand j’ai eu l’âge pour ça

On m’a volé mon âme

On m’a dit t’es une femme

Maintenant, tu t’ méfieras.

*

Demain comme d’habitude

Je n’ ferm’rai pas ma porte

Je ne f’rai pas la morte

J’irai sur les chemins

**

Nuit et jour, à toute heure

Libre et trop court vêtue

En stop ou dans la rue

Je dirai à mes sœurs :

*

Refusez d’obéir

Refusez la prudence

Choisissez l’insouciance

Refusez de frémir.

*

S’il faut à chaque instant

Surveiller ses arrières

Verrouiller les portières

Alors non je préfère

*

Quitte à finir en sang

Quitte à finir en larmes

Me promener sans armes

Aller le nez au vent.

Soit un ensemble et un point

Publié: 1 octobre 2014 par jmenti dans politique & société
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Soit un ensemble non nommable ou définissable qui pourtant seras se reconnaitre.
Soit un point aux coordonné multiple et appellation nombreuse.

Le point bien que mentalement impliqué ignorais beaucoup de la physique des trajectoires.
La réalité étant tenace pour que le point existe dans l’espace il lui faut quotidiennement trois chose.
Soit x l’obligation de manger, soit y celle de laver et z celle de dormir.Des loi métaphysique on souvent enfermer le point sur un plan voir une droite et quand bien même il arrivait à être c’était exclus de toute figure harmonieuse pour cause la couleur ou l’étiquette.

Pourtant et parce que les  métamathématique ne sont pas si hermétique l’ensemble sut à plusieurs reprise accorder au point un espace dans lequel le point put se réaliser.
Cela ne semble pas être un fait remarquable a noter dans les archives académique.
Néanmoins il faut se souvenir, l’ensemble offris au point un espace bien différent aux espaces étatique.
Car en plus d’accorder un x,y,et z il permis au point d’apercevoir comment construire des figures.
J’entends par là l’art de tirer les ficelles afin d’agrandir les possible de l’espace.
Avec ces divers passage dans l’ensemble, les changement de figure, toucher par l’art de la ficelle le point eu envie de réaliser ailleurs de belle figure.

Cela fait, moi le point souhaite remercier cette ensemble sans nom pour l’espace ou, j’ai exister, j’existais, javais existé, j’existe j’existerais ; Et pour les multiple outils de construction passé présent future imparfaits ou plus que parfait qui soit.

Combien d’image pour cette exercice ?
Vertigineuse problématique.

A retenir => Merci

Ce que je sais sur les monosexuel’s

Publié: 25 septembre 2014 par L'épicène dans nos essais
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C’est juste des gens comme vous et moi. Enfin, je crois, plutôt comme vous.

La monosexualité est ce que Freud appelle une restriction de choix d’objet : l’absence d’intérêt sexuel ou amoureux pour une catégorie de personnes ; en l’occurrence « les femmes » ou « les hommes ». Une sorte de perversion sexuelle par la négative. Ceci dit sans jugement aucun : je trouve ça plutôt intéressant, les perversions. D’ailleurs celle-ci est si courante qu’on n’y prête même plus attention, voire qu’on regarde de travers celleux qui ne la partagent pas.

Les monosexuel’s se classent en deux catégories : les femme-sexuel’s et les homme-sexuel’s. Non, c’est pas ça ? Zut, je me suis encore trompé’. En fait, iels se classent d’abord comme femmes ou hommes, puis se répartissent en deux catégories : d’une part les femmes femme-sexuelles et les hommes homme-sexuels, d’autre part les femmes homme-sexuelles et les hommes femme-sexuels. Mais non c’est pas compliqué du tout, mais non c’est pas tordu. Vous allez voir.

L’idée, c’est que parmi les monosexuel’s, certain’s sont attiré’s exclusivement par des personnes de même sexe : femmes femme-sexuelles et hommes homme-sexuels, et d’autres sont attiré’s exclusivement par des personnes de sexe opposé : femmes homme-sexuelles et hommes femme-sexuels (on dit « homosexuel’s » pour les premier’s et « hétérosexuel’s » pour les second’s, mais je ne veux pas vous assommer avec le jargon du milieu). Alors vous voyez, c’est assez logique finalement.

Certes, ça implique de se définir et de définir les autres comme « femme » ou « homme », si possible systématiquement, sans erreur et de manière permanente. Par exemple, un femme-sexuel qui tombe sur une jolie pute blonde aux jambes interminables, mais avec une pine au lieu d’un minou, sera obligé, soit de la débarquer et d’aller s’en chercher une autre, soit de renoncer temporairement à sa perversion femme-sexuelle. Et si un homme homme-sexuel change de sexe, il change de catégorie sans avoir changé de goût, et son compagnon si il en a un, change de catégorie en continuant à coucher avec la même personne.

Bon d’accord, je reconnais qu’on s’y perd un peu. Mais au fond, ce qui se passe au pieu, c’est leur affaire. La chose importante à retenir, c’est que ces choix, pour exotiques qu’ils nous paraissent, n’ont absolument aucune incidence sur leur comportement dans la vie de tous les jours. Iels ne sont pas particulièrement dévergondé’s, ni sales ni plein’s de maladies. Et ce n’est pas parce que vous avez un’ voisin’ femme-sexuel’ qu’iel va sauter comme un’ affamé’ sur la première femme venue. Iels font même, dit-on, de bons parents quand on le leur permet.

Billet repiqué sur mon ancien blog. Il y en aura d’autres, et j’assume ma flemme.

Toi qui parles de viol, tu as déjà été violé ?

Tu te sens inquiet quand tu entends le mot « viol » ? Ou triste ?

Ça te perturbe ? Ça t’empêche de finir ta phrase ?

Est-ce que ton corps réagi à ce mot comme à un courant d’air glacial ?

Est-ce que des images insupportables surgissent lorsque tu l’entends ?

Toi qui plaisantes sur le consentement, as-tu déjà eu à porter la responsabilité et la honte d’une violence qu’on t’a fait ? Est-ce que quelqu’un t’a demandé pourquoi tu n’avais pas fui au lieu de te faire casser la gueule ? Est-ce que quelqu’un t’as demandé pourquoi tu n’étais pas resté chez toi le jour où tu as eu trois côtes cassées ? Est-ce que tu as entendu de la réprobation dans la voix d’un médecin pendant qu’il te faisait des points de suture ?

Toi qui parles de viol, tu penses aux viols dans les films ou aux infos. Tu penses aux filles perdues que tu ne connais pas mais que tu imagines bien – trop bien, réfléchis-y. Mais tu ne penses pas à moi. Pourtant, je suis juste à côté de toi quand tu dis ça. J’entends ton mot d’humour et surtout j’entends combien je n’existe pas, combien je ne peux pas être ici, dans la même pièce que toi, car c’est tellement une exception, une rareté, cela n’arrive tellement qu’aux autres -aux femmes des autres- que tu ne peux pas imaginer que j’en sois une. Une victime de viol. Ou juste une femme inquiète de subir un viol, car toutes les femmes sont obligées d’y penser, toutes.

C’est parce que tu ignores tout cela que tu peux rire. Et je parle d’une attitude. Ce que je te dis ici, tu l’as déjà entendu, tu pourrais le savoir et le prendre en compte, mais tu l’ignores. Et après avoir lu cela, tu continueras probablement à l’ignorer la plupart du temps, confortablement installé dans ta position de personne ordinaire. Je dis ordinaire, car être un homme est la norme, et ne pas l’être est l’exception ; car être suffisamment privilégié pour se sentir à l’abri de la violence est la norme, et les autres ne font pas partie de ton monde.

Toi qui parles si légèrement de viol, est-ce que tu te vois, là, en train d’approuver cette violence ? Est-ce que tu te vois en train de redoubler cette violence ? Parce que c’est ce que tu fais, ce que tu viens encore de faire, mais tu ne peux pas le voir car ça ne colle pas avec l’image de mec bien, gentil et responsable, que tu as de toi et que tu veux donner -à tes pairs. Cette image, tu ne la vois pas comme telle, tu penses qu’elle reflète fidèlement qui tu es ; mais celles qui ne sont pas tes pairs, ceux qui ne sont pas de ton monde, pourraient te dire qu’elle est trompeuse, si seulement ils pouvaient te dire quoi que ce soit.

Travail n’est pas plaisir

Publié: 14 septembre 2014 par jmenti dans antisexisme appliqué, poèmes
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Plaisir ou sex , œuvre du démon.
Pêcher mortel est son surnom
Le travail c’est la santé ,
Qui pourrai en douter ?

N’évoque jamais le contraire
L’on te lancerai des pierres
Ne mélange pas les deux
Même si sa te rend heureux.

Ne rencontre pas les petit gens
Écoute le tout puissant
Mais non point d’étiquette

Moi le cerveau toi le corps
Obéis pour ménagé ton effort
L’épouvantail quel bel recette…

De l’ordre au chaos

Publié: 5 juin 2014 par jmenti dans cris, nos essais
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Début février les bulldozer sont arrivé prêt de chez nous.
A savoir que pour eux le temps presse.
Le quartier étant depuis longtemps dans des projet diverse et de sombre
enjeux de pouvoir entre La mairie de Nancy et la Communauté Urbaine du
Grand Nancy.
Ils leur faut donc ne pas tarder à les appliquer avant que les sièges
changent.
Pour nous la réalité de ces travaux et bien loin de leur parlote de salon.
Cela nous rappelle ou l'on se trouvent, et un telle puissance dégagé fait
relativisé la solidité de notre habitat.
N'importe lequel de ces engins pourrais en une journée détruire la
structure principale du bâtiment.
Les tremblement sur nos plancher nous le rappel tout le long des journée
de la semaine.

Quelque pantin, fier de leur responsabilité ( Sécurité Urbaine ...),
son venus à nous.
Ils nous tende la main afin que l'on comprenne qu'il ne sont pas mauvais.
Nous prévenir que l'huissier ne saurait tardé, et qu'il serait bon de
parlé relogement...
Malheureusement pour eux qui doivent peut regardé le ciel cela est arrivé
le jour même de la pleine lune.
J'étais alors au plus haut de mon énergie.
Leur expliquas que manifestement il n'avais rien compris, que leur simple
papier (diffusé à tout les sdf) ne me satisferait pas.
Pour ma part les seuls solution envisageable était le rachat du bâtiment
pour un euro symbolique ou l'affectation à un F18 semblable.
Comment pensait-ils m'amadoué avec un intérieur ou je n'aurais même pas
pus me tenir debout avec mon chapeau ?

Ni ré-étiqueté ni ré-inséré !
Voilà notre victoire

Au bulldozer on suivit les espaces verts.
Au grand boum les petits tics.
Non pas d'arbre juste des pavés !

Paria pour toujours!
Si dehors l’ordre s'installe,
à l'intérieur le chaos règne.

PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION DU 27 OCTOBRE 1946

« La République française […] n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple »

Déclaration des droit de l’homme et du citoyen de 1789

Article 12:La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Déclaration des droit de l’homme et du citoyen de 1793 :

-Article 25: La souveraineté réside dans le peuple. Elle est une et indivisible imprescriptible et inaliénable.

-Article 26:Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée, doit jouir du droit d’exprimer sa volonté avec une entière liberté.

-Article 27:Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres.

-Article 33:La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.

-Article 35:Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Vive la France !

D’abord, c’était une simple expérience, inspirée du précieux article de Corinne Monnet : http://infokiosques.net/spip.php?article239. Si les hommes prennent l’espace de parole et contrôlent le cours des conversations sans qu’on n’en sache rien (et eux non plus) qu’en est-il de l’espace physique de la rue et des trajectoires des passants ?

J’ai marché droit devant moi, sans m’écarter pour croiser les passants. C’était beaucoup plus difficile que je ne l’aurais cru ; j’ai failli me casser la gueule en luttant contre mes propres jambes, qui me déviaient spontanément… mais j’ai tenu bon, mes jambes ont fini par m’obéir à peu près et j’ai pu constater que la réalité était pire que mes pires soupçons.

Les petits accrochages, évitements à la dernière minute où on se frôle et où on se gêne un peu, concernaient beaucoup plus d’hommes que de femmes. Les coups d’épaules échangés avec des passants plus réticents se sont produits systématiquement avec des hommes, très souvent blancs et dans la cinquantaine. Les trois occurrences de bloquage face à face ont eu lieu avec trois hommes blancs autour de la cinquantaine.

Mais les femmes, alors ? Quand j’ai vu ce qu’elles faisaient, je me suis dit, quelle andouille, j’aurais pu m’en douter puisque moi qui ai été socialisé’ comme une femme, je fais toujours ainsi. Les femmes s’écartent, mais sans se faire remarquer : elles tiennent compte des passants qu’elles vont croiser et modifient leur trajectoire cinq bons mètres à l’avance ! Souvent peu, mais continuellement.

Ainsi, personne ne s’avise que s’écarter n’est pas l’habitude de tout le monde ou d’une seule, mais celle de toutes les femmes. Chaque femme y voit les bases de la politesse, et non l’anticipation d’un accrochage. Les hommes, a priori, ne voient rien du tout : ils marchent, tout simplement.

En fouillant dans ma mémoire, je retrouve des souvenirs de cet apprentissage : d’abord des accrochages, puis la prise de conscience du problème (mais hélas pas du genre du problème) ensuite un changement volontaire de mes habitudes, pour en arriver aujourd’hui à une attitude spontanée, d’apparence naturelle, et bien difficile à combattre.

En fouillant encore, je trouve une étape « poussette » : à l’époque, il m’a fallu tenir encore plus compte des passants, car je ne pouvais pas toujours m’écarter et jamais au dernier moment.

Après, c’est le black-out : l’oubli complet de ce parcours d’apprentissage et l’impossibilité de m’apercevoir de quoi que ce soit. Sans le questionnement précis que m’a suggéré une réflexion acharnée sur le sexisme, cette cécité serait restée bien en place !

Maintenant que ce premier constat est fait, je voudrais conduire une expérience rigoureuse et à plus grande échelle, qui ne laisserait plus place aux doutes (les miens y compris). Je pense à une amie qui est anthropologue, mais n’hésitez pas à vous intéresser à ce projet et à en parler autour de vous !

Et bien sûr, je vais continuer à ne pas céder le pas aux hommes. Il ne manquerait plus que ça ! Bon, ça reste difficile : dès que je pense à autre chose, je recommence à louvoyer. Mais ce qui a été appris peut se désapprendre…

Désir, nature et société – L’écologie sociale au quotidien (1999)

(4e de couve)
« En plus de se consacrer à l’écriture et au militantisme, Chaia Heller a enseigné l’écologie sociale et l’écoféminisme à l’Institute for Social Ecology au Vermont pendant de nombreuses années. Elle a reçu un prix de la National Science Foundation pour ses recherches portant sur les aspects politiques de l’application des biotechnologies en agriculture. »

Dans ce livre s’entremêlent critique de l’idée que l’on peut se faire de la « nature », différentes approches de l’écologie, l’histoire de l’écoféminisme, les bases d’un anarchisme social, le rapport désir/envie de savoir, d’agir, de s’associer, d’évoluer, la notion d’éthique sociale, et enfin des clés pour une reconstruction de la société…
Ce qui suit est tiré du dernier chapitre : Chapitre VI : L’opposition illustrative, ou comment passer de l’écologique au révolutionnaire. J’ai essayé de synthétiser au maximum le développement de ces idées que je trouvent intéressantes, dans le but de les rendre plus claires et plus faciles à partager.

desir

Les mouvements pour le changement social ou écologique se concentrent principalement sur ce qui et nécessaire pour refonder la société. Tandis que, dans l’ancienne gauche, la plupart considéraient l’abolition de l’inégalité matérielle comme la condition essentielle d’une société libre, les féministes radicales des années 1970 ont affirmé que la justice sociale ne pouvait venir que du dépassement du patriarcat. (…)

Dans tous ces mouvements, beaucoup considéraient l’abolition de telle ou telle forme particulière de hiérarchie comme la condition nécessaire à une transformation radicale de la société. Bien souvent, leur raisonnement était le suivant : « Quand nous aurons détruit cette forme de hiérarchie, les autres formes disparaîtront aussi. » On confondait donc le nécessaire avec le suffisant. (…) Mais nécessaire ne veut pas dire suffisant. (…)

Pour aller vers une vision refondatrice, il est nécessaire de comprendre la structure de la société que nous voulons transformer. (…) La société se compose de trois domaines distincts : le social, la politique et l’État.

La sphère sociale comprend la vie personnelle et celle de la communauté. C’est là que nous créons les aspects quotidiens de notre existence d’êtres sociaux. C’est le domaine « des travaux et des jeux », le lieu où nous produisons et distribuons, où nous remplissons nos devoirs envers la collectivité, où se passent les pratiques éducatives, religieuses et toutes sortes d’activités sociales. (…)

À l’opposé, la sphère politique est l’espace où l’on affirme publiquement sa capacité à gérer les affaires de la communauté où l’on vit. C’est l’espace où l’on débat, décide et met en œuvre les mesures qui règlent les pratiques sociales et politique de la communauté. La sphère politique représente un mode d’action spécifique qui la distingue de la sphère sociale. Caractérisé par la responsabilité publique, le domaine politique est le lieu où, en tant que citoyen d’une ville ou d’un village, nous contribuons à la définition des règles de conduite, qui, à leur tour, conditionneront notre vie quotidienne.

Bien évidemment, cette définition du politique et du social n’est que l’esquisse de ce que devraient être ces modèles d’action, et non la réalité de la société actuelle. Ces domaines sont aujourd’hui contrôlés et réduits à leur plus simple expression par l’emprise de l’État. L’État moderne républicain est une institution hiérarchique et centralisée qui envahit et s’approprie des activités que les citoyens devraient gérer eux-même dans la sphère politique. (…) Pour assurer son autorité, l’État agite la menace souvent invisible, bien que permanente et quotidienne, de la violence, sous la forme des forces armées et policières. (…)

Considérant l’État comme une chose normale, puisqu’inévitable, nous nous réfugions dans la sphère sociale pour y trouver à la fois un lieu de survie et de résistance. Pour changer la société, nous ne pouvons pas nous retrancher dans la vie sociale ; nous sommes obligés de nous intéresser aussi aux problèmes politiques. Pourtant, beaucoup de militants du domaine social n’intègrent pas suffisamment, dans leur vision militante, la question de la réorganisation du domaine politique. (…)

Il y a à cela deux explications. Tout d’abord, la sphère politique a été remplacée par ce que Murray Bookchin appelle la « politique professionnelle », un système politique où le pouvoir est remis entre les mains de représentants élus (et politiciens professionnels) qui prennent les décisions d’intérêt publics pour le compte du « corps électoral ». Réduits à l’impuissance par les politiciens professionnels et ne voyant pas de solution de rechange, les militants délaissent souvent les questions politiques pour le domaine social, où, du moins, ils ont l’impression de pouvoir exercer un minimum de contrôle sur leur vie.

En second lieu, ces militants négligent souvent le domaine politique parce que, ayant perdu leur identité politique, ils se voient eux-mêmes avant tout comme des consommateurs. (Exemple : les militants écologistes ont tendance à…) exprimer leur résistance sous forme de militantisme consumériste, en essayant de choisir, de produire ou de boycotter tel ou tel produit pour mettre en accord leurs choix personnels avec leurs valeurs politiques. Le pouvoir politique est ainsi réduit au « pouvoir d’achat », puisque les militants se concentrent sur les méthodes de production et de consommation au lieu d’essayer de redevenir des acteurs politiques pour décider de ce que leur communauté devrait produire, et comment. (…)

Car c’est un fait que le changement social est essentiel. Mais, sans une vraie transformation de la pratique politique, nous ne serons jamais en position de définir réellement les politiques économiques, sociales et écologiques pour lesquelles nous nous battons. Au lieu de cela, nous serons toujours traités comme des enfants incapables décider par eux-même, éternellement obligés de s’en remettre à l’autorité parentale de leur représentants pour « faire ce qu’il faut ». Il peut nous arriver de triompher provisoirement ; comme les petits enfants qui font une colère pour faire fléchir la volonté de leurs parents, nous pouvons supplier nos représentants de nous accorder des logements abordables ou une meilleure politique de l’environnement. Mais la relation de pouvoir reste la même. (…)

L’écologie sociale propose une vision cohérente et réfléchie de la façon dont nous pouvons entreprendre une révolution politique en nous engageant dans la politique locale des communes, premier pas vers un mouvement plus large de confédération de communes en démocratie directe. C’est la théorie du municipalisme libertaire de Murray Bookchin, vision qui offre une lueur d’espoir pour la vraie démocratie dans un monde où l’État a vidé de toute substance la sphère politique.

Cependant, lorsque nous disons qu’il faut se concentrer sur la reconstruction de la société, nous nous trouvons devant un paradoxe. Il est essentiel de reconstruire un domaine politique authentique, mais les crises sociales urgentes n’en continueront pas moins à réclamer notre attention. De toute évidence, nous ne pouvons pas attendre, pour nous intéresser à des problèmes sociaux comme les sans-logis, le racisme environnemental ou la violence contre les femmes, d’avoir réussi à instaurer une confédération de communes autonomes.

L’opposition illustrative nous permet de nous concentrer sur un problème social particulier tout en faisant de ce problème un cas significatif d’une critique plus large et d’une vision reconstructrice. (S’en suit la définition de cette méthode conjuguant analyse et action concrète, ainsi qu’un exemple illustratif)

Nous savons bien qu’une série de protestations individuelles contre les injustices sociales et écologiques ne suffit pas à faire une révolution. Pour cela, il faut que nous formulions non seulement ce que nous refusons, mais aussi ce que nous désirons. La revendication de la liberté positive ou réelle, c’est-à-dire de la substance même de la liberté, est bien différente de la revendication d’une liberté négative qui, si elle est nécessaire, reste incomplète si elle n’est qu’un refus de l’injustice. Nous devons être capable de formuler une vision positive de la société que nous désirons, illustrer par notre action les libertés sociales et politiques auxquelles nous aspirons.