Archives de la catégorie ‘3615mavie’

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La pilule rouge, c’est un truc qui m’est tombé dessus et que j’ai commencé par regretter amèrement. Ça a démarré lentement, une rencontre par ci, une lecture par là, suivies de quelques observations, des choses que je me suis mis’ à remarquer. Ensuite ça s’est accéléré parce qu’à mesure que les problèmes m’apparaissaient, j’ai cherché des solutions mais ça ne faisait que me faire prendre conscience de plus de problèmes. Par exemple en lisant des féministes afro-américaines, des liens me sont apparus entre le sexisme qui commençait à m’obséder, et le racisme dont j’avais une vision très floue et lointaine. J’ai compris que j’étais profondément concerné’, en fait j’ai compris que j’étais blanc’, que je faisais partie du système raciste, que même mon féminisme était raciste.

Les militant’s que j’ai rencontré’s dans des discussions ou à travers des lectures, parlaient de privilèges et d’oppressions qui jusque là avaient été invisibles pour moi. Ma réalité s’est peuplée de réalités différentes, comme les bâtiments dont je remarquais tout d’un coup que l’accès était difficile pour les gens en fauteuil roulant. J’ai réalisé qu’il y avait des gens qui vivaient dans les caravanes de la zone d’accueil des gens du voyage, et qui pouvaient se retrouver privés d’eau sur un caprice de la mairie. Les pancartes « à vendre » et « à louer » qui sont trop nombreuses dans mon quartier, sont devenues des signes de la spéculation immobilière qui accompagne la gentrification.

La Françafrique, le slut-shaming, les contrôles au faciès, les viols correctifs, les centres de rétention, la Jungle de Calais, les épisiotomies abusives, Frontex, la psychiatrisation, les flashballs, la souffrance au travail, la viodéosurveillance, le business pharmaceutique, le privilège des études, la norme des corps minces, les meurtres racistes de la police, la mutilation des enfants intersexes, le système carcéral, etc, etc, etc, etc.

Souvent je me suis dit que ce serait sans fond, que cette prise de conscience et cette recherche d’intégrité me prenaient toute mon énergie et que je ne pourrais jamais explorer toutes les pistes. Ça faisait mal, j’ai cru que j’allais me cramer le cerveau, que la pilule rouge avait transformé ma vie en un cauchemar sans fin. Pourtant j’ai continué, parce que cela me paraissait indispensable. Non : parce que ne pas le faire me paraissait intolérable. Parce que j’avais appris comment apprendre, parce que mon regard continuait à s’aiguiser tout seul. La pilule rouge a déversé en moi ses molécules étranges et j’ai traversé plusieurs années de fièvre et de souffrance. Désespoir, hargne inextinguible, peur de m’isoler de plus en plus, sensation de suffoquer au milieu de toute cette merde…

Maintenant, je peux sentir que cette quête évolue mieux que je ne le prévoyais. La colère qui me submergeait à chaque nouvelle prise de conscience, m’habite toujours mais en toile de fond, comme un leitmotiv dans mes actions et réflexions. Au contraire, ces nombreuses prises de conscience que j’ai vécues comme des baffes, viennent en quelque sorte relativiser les choses que je découvre aujourd’hui. Je ne me sens pas anesthésié’ pour autant, ça me touche, mais ça ne me désespère plus. Le monde a cessé de s’écrouler autour de moi : vu que ça, c’est fait. Et je ne le regrette pas, bien au contraire ! Mes anciennes croyances sur le fait qu’un semblant de justice existerait dans tel ou tel domaine, sur la neutralité de certains auteurs, de certains outils, etc, ont disparu et j’en ai fait le deuil. Tout ça me désespérait et me prenait beaucoup d’énergie. Une fois la désillusion passée, je constate que je peux faire avec.

Mes fréquentations ont été impactées par ce chambardement qui a eu lieu dans ma vie : je ne pouvais plus supporter les gens qui tenaient des propos sexistes, et je découvrais de plus en plus le sexisme contenu dans des idées banales, dans des phrases anodines. Ça m’a forcé à faire un peu le tri dans mes relations, ça m’a éloigné de certaines personnes ; j’en ai aussi rencontré d’autres avec qui je partage plus de choses. À peu près à ce moment là, j’ai commencé à réaliser qu’il n’y avait pas un « eux » et un « nous » mais que ce sexisme, ce racisme, toutes ces oppressions, je les véhiculais autant que les autres, que c’était tout le monde. Ça m’a rendu’ plus modeste et j’ai arrêté de partir en croisade, de me retrouver sans arrêt en conflit avec les autres. Ça m’a amené’ à me pencher sur mes propres idées et comportements.

Et ça aussi, au début ça m’a paru insurmontable : tant de choses à changer, des habitudes si bien ancrées, un tel aveuglement… mais en allant dans cette direction, j’ai réalisé que le chemin m’apportait autant que les buts que je m’étais fixés, et même beaucoup plus. J’ai aussi commencé à trouver des récompenses dans mes efforts : des rencontres, des trucs que je comprenais ou qui se mettaient à s’articuler, des activités que je me refusais avant, le bricolage par exemple. Une autre forme d’humour aussi, une expression qui est devenue plus satisfaisante et en même temps plus libérée. Je m’aperçois que j’ai pris de l’aisance pour expliquer certaines choses, que je peux amener les gens à comprendre des trucs sans forcément les heurter. C’est une façon stimulante de me rendre utile, ça me pousse à creuser et ça me permet de partager.

Le chemin n’a pas de fin, c’est une idée qui m’a d’abord écrasé’. En fait ça m’a permis de revoir mes exigences à la baisse : je ne peux pas cesser totalement de véhiculer ces oppressions, je peux seulement faire de mon mieux. Je me sens à la fois réconcilié avec moi-même, et plus léger’ : je sais enfin quoi faire, par quel bout prendre le problème. Je ne suis pas un super-héros et je ne sauverai pas le monde, par contre je peux agir concrètement sans attendre le grand soir. J’ai même appris à faire des compromis dans ma vie, à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. J’ai trouvé mes repères, les choses qui me vont, celles que je peux accepter, celles que je combats avec ou sans diplomatie, et celles que j’évite simplement, sans me prendre la tête, comme j’évite de manger trop pimenté ou d’avoir à marcher vite pendant mes règles.

En résumé je dirais que oui, je vais devoir m’y coller pendant le reste de ma vie, mais que je me suis formé’ à ça. Je me sens rôdé’, c’est devenu supportable et même parfois joyeux. Je suis tout simplement en chemin. Et vive la pilule rouge !

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Contre-poison

Publié: 11 novembre 2015 par jmenti dans 3615mavie
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Amours unilatéral tue
Amours mort sans vécus
Amours épiscopal rompus
Amours platonique repus
Amour purement crus

Tant d’amours vain pour au final se retrouver à lécher les murs.
Tant d’entrain pour toujours fantasmer de saumure.

Lettre ouverte à tout les prétendants:
Cher geôlier, ces partis d’échec je vous les laisse.
Libre à vous de croire que je suis mate par forfais.
Torturer vous de ridicule annexion, et ennuyer vous à garder vos territoire conquis.
Ils sont si pauvre et limiter que voudriez vous que j’en fasse.Que vos méthode sois autoritaire, affectueuse ou floue.
Que votre voix sois forte, mielleuse ou sourde.
Vous êtes tous semblable, user de dissuasion  pour conserver votre capital.
Et quand vous partager votre pain, vous essuyer une perte !
Moi je choisi que ma liberté s’exprime au mieux quand je n’est rien à perdre.
Je me passe très bien d’un quelconque capital chiffrable.
Je préfère me déplacer en territoire infinie.
Je peut valser, avec des ombres certes, mais autant que je le désir.
C’est des fentes plus subtil, que je pénètre, et cela sans reproduire.
Dans la folie je trouve ma véritable jouissance,
et quand je partage mes faim, je me nourris.
Gardez donc vos ère guerrière, vos victoire sanglante, vos garde inquiète, vos bilan coupable, vos chiffre capital, vos manière semblable, vos triste pertes, vos pauvre méthode, et surtout votre compte à rebours.
Car ce qui est dangereux en amour n’est pas de compté mais de mécompter, en écartant le potentiel illimité du subtil de l’absurde et de la folie. Sachez bien que je suis constamment entrain de rire de vous, que je dévore vos reste en votre absence, et que je vous talonne attendant le moment propice de vous renverser…

Mouahaha me voila guéris.
De quel maladie ?
La jalousie !

Trigger

Publié: 25 août 2015 par L'épicène dans 3615mavie, cris
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C’est un mot anglais qui veut dire « gâchette ». Il désigne l’élément déclencheur d’une crise de stress chez une personne atteinte de sspt (syndrome de stress post-traumatique). Un stimulus anodin qui, en réveillant la mémoire traumatique, plonge la personne dans un état de stress imprévisible et incontrôlable.

Il ne s’agit pas d’un « mauvais souvenir » normal. La mémoire traumatique est une mémoire figée, sans mots. Lors du traumatisme, les informations qui arrivent au cerveau déclenchent, une fois interprétées, un afflux d’hormones de stress. Pour éviter la surdose, la transmission de ces informations est alors interrompue entre la zone du cerveau qui les reçoit, et celle qui les interprète et les archive comme souvenirs. Les perceptions qu’on a eues à ce moment-là restent dans une zone du cerveau qui ne les « comprend » pas, figées sous forme d’informations sensorielles brutes.

Parfois cela crée une amnésie totale. Souvent c’est plus mitigé, une partie des informations a été transformée en souvenirs accessibles à la conscience. Mais dans tous les cas, « le corps se souvient », c’est à dire que dans cette partie du cerveau, certaines perceptions peuvent être comparées à celles-là et considérées comme apparentées. L’information qui est alors transmise est une sorte d’alerte générale, un stress de la même intensité que lors du traumatisme. Avec ou sans reviviscences, que la personne comprenne ou non ce qui lui arrive, elle se retrouve projetée dans un état émotionnel de panique et de détresse intense.

Les raisons pour lesquelles une perception « normale » peut rappeler la mémoire traumatique, ne relèvent pas de l’intellect puisque les informations n’ont pas été interprétées. C’est pourquoi il est souvent impossible de prévoir que cette association sera faite. N’importe quelle situation, idée ou perception peut déclencher la mémoire traumatique. Cependant, même si la plupart des trigger ne sont pas aussi intellectuels, les évocations des traumatismes les plus répandus (viol, agression, accident) peuvent déclencher une crise de stress post-traumatique chez les personnes l’ayant vécu, qui sont nombreuses. C’est pourquoi il est recommandé d’avertir les gens avant de leur mettre sous le nez des images ou des mots évoquant crument ces situations (« trigger warning »).

Quelques exemples de trucs qui m’ont trigger :

– mes règles

– de l’huile de massage

– parler de couloirs d’hôpital

– un tour dans une charrette à vélo

– un cuni

– parler de viols de guerre

– passer devant une église

– avoir les oreilles bouchées

– plein de films

– ce soir, je sais pas

Trigger warning : Le texte qui suit évoque la survenue d’une crise de stress post-traumatique, ainsi que des souvenirs d’agression sexuelle. Cela peut impacter les personnes atteintes de sspt, voire leurs proches. Si vous pensez être concerné’, ne continuez la lecture que si vous êtes en bonne condition et dans un environnement protecteur.

Tu es en train de zoner sur ton canapé, et tout d’un coup ça te tire par la manche. D’abord l’impression qu’une main, un bras, appuie sur ton sein. Puis le visage du conard, tout souriant, content de t’avoir à sa merci. Une pelle qu’il t’a roulée. L’eau tiède et satinée du jacuzzi. Des bouts de souvenirs reviennent, de plus en plus vite. Tu finis par réagir. Ouais, parce que maintenant tu arrives à réagir. Tu cries dans ta tête : ta gueule, ta gueule, ta gueule, ta GUEULE, ta gueeeeeuuuule ! Les images s’arrêtent comme un représentant sur le pas de ta porte. Menacent de s’y amonceler et de te tomber dessus. Du bluff. Juste les tenir à distance.

Tu te dis que peut-être, tu peux travailler sur ce traumatisme pendant la crise. Profiter qu’il est là pour l’apprivoiser. Tu tâtes. Ça amène quelques larmes. Non, c’est un mur, un casse-tête, aucune prise. Il n’y a rien à faire pour cette fois. Parfois ça arrive, parfois tu peux racler le truc avec tes ongles et en effriter quelques bouts. Mais pas à tous les coups.

Il faut juste tenir. Attendre que ça passe, aussi longtemps qu’il faudra. Tu te concentres sur ton poil hérissé, ta peau qui frissonne. Tu prends conscience de ta mâchoire serrée, de tes sourcils froncés à se rejoindre. Tu te laisses distraire et ça revient. Ta ggggggggueule. Noooon, pas celui-là, noooon.

Mentalement, tu repousses à coups de pieds un truc, sans regarder ce que c’est. Surtout ne pas regarder. Tu sais juste que c’en est un bien moche. Un deuxième le rejoint. Ils s’accrochent. Tu savates, tu savates, tu sais que quand tu arrêteras ils n’auront pas reculé d’un pouce. Et meeerde, la voilà qui s’amène, celle-là. La sensation de ton sexe ouvert en grand, vulnérable à l’univers entier. Ton sexe qui devient plus grand que tout le reste de ton corps. L’impression de te transformer en entonnoir géant. Ça tu n’y peux rien, il faut faire avec. Comme une nausée. D’ailleurs tu as aussi la nausée.

Et faim. Ça c’est un bon point, tu sais que ça va t’aider quand tu pourras commencer à sortir de là. Ou même tout de suite ; ce petit tiraillement à l’estomac, ça n’appartient pas au souvenir. C’est du réel, du présent. Tu t’y accroches. Tu te hisses. Un pied dans le réel. Super. Fais gaffe t’es encore au bord, et vas te préparer, heu, une tartine de nutella. Doucement, doouuucement.

Tu bouges à petits pas, les coudes collés au corps, la tête baissée, rentrée dans le cou. Pas de secousses. Champ de vision rétracté au maximum. Pas laisser tes pensées traîner par là. Regarder le pot de nutella. Penser « pot de nutella ». Regarder le couteau. Penser « couteau ». Regarder le pain. Penser « tartiner ». T’occupes pas de la géante rouge, de la galaxie qui spirale entre tes jambes. T’occupes, c’est rien. Mords dans ta tartine. Ah non, oups, pas tout de suite sinon pleurer, retomber dedans. Pas manger tout de suite. Faire un thé d’abord. Poser la tartine, faire du thé en cherchant dans quelle direction tu pourrais lancer ta pensée pour qu’elle s’éloigne de… de ça, enfin qu’elle s’éloigne. En ligne droite d’abord, puis en reprenant peu à peu sa liberté de mouvement. Du thé. Thé. Du thé.

*

Juste une précision pour les gens qui ne connaissent pas : ça c’est une toute petite crise bien gérée qui tourne bien. Deux heures accroché’ à une falaise, un début de migraine, ce n’est pas exactement une crise de sspt, plutôt le stade « guérison bien avancée », et « j’ai eu du bol pour cette fois ».
Une vraie crise, c’est par exemple la fois où les voisins n’ont jamais osé me parler des cris qu’ils ont entendu (moi à leur place j’aurais appelé les flics, une ambulance et mon pote le videur). Une vraie crise, c’est un cauchemar arrêté, t’as même pas envie de mourir parce que pour ça faudrait pouvoir penser. Et plusieurs jours de lit pour t’en remettre. Entre les deux tu sais pas, t’étais plus là. Mais du coup c’est plus difficile à raconter. Vous pouvez peut-être juste souhaiter que ça vous arrive jamais.

C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour moi*

Il y a quelque chose de spécial entre nous*

On est en couple*

On vit ensemble*

Il m’envoie des textos tendres*

Son sourire m’emplit de bonheur*

Il se frotte contre moi*

Ses fondants au chocolat sont les meilleurs du monde*

Il m’a présenté sa famille*

Il m’a proposé d’arrêter la pilule*

Il veut qu’on se marie*

Je me suis fait belle pour son anniversaire*

Je lui ai fait un strip-tease*

Parfois il me lèche le visage*

Il m’excite*

On baise, on fume une clope et on remet ça, toute la nuit*

C’est la personne qui m’a fait découvrir mon corps*

Une fois, on a fait un plan à trois*

On se regarde en allant se coucher, et on sourit*

On se dispute tout le temps mais on s’aime*

C’est quelqu’un qui a changé ma vie*

La lecture n’est pas terminée ! Survolez les astérisques rouges*

Du métier de modèle

Publié: 13 juin 2015 par L'épicène dans 3615mavie, nos textes
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Quand j’étais étudiante, j’ai travaillé comme modèle pour un petit club de dessin. C’est là que j’ai appris que mon corps n’était pas nécessairement une chose à cacher, ou à ne montrer que transformée, parée d’artifices. Un corps, un quelconque corps, présente tel quel un intérêt esthétique fort et diversifié, sans avoir besoin de répondre à des normes, d’être mis en valeur, mis en scène, et sans non plus être obligatoirement féminin. Ma surprise en apprenant que les beaux-arts recrutaient des modèles indifféremment féminins ou masculins, a fait partie de mon évolution féministe, de ma déconstruction des mythes sur une nature d’objet pour le regard qui serait spécifique au corps féminin.

une étude de nu

une étude de nu

C’est dans ce club de dessin que j’ai appris que modèle était un métier. En étant rémunérée d’abord, et plutôt bien puisque je touchais alors 300 francs pour ces deux heures de pose (le smic mensuel devait être d’environ 6000 francs à l’époque). Vers la fin de l’année, le club m’a annoncé que son budget pour me payer était épuisé. L’une des gentilles vieilles dames me jetait des sortes d’oeillades tout en parlant, tandis que l’autre l’empêchait de formuler clairement sa demande : puisque mon salaire avait été mal calculé, un peu surestimé, je pourrais peut-être terminer l’année bénévolement ? Je n’ai pas entendu cette demande, n’y ai pas accédé ; d’abord avec un léger pincement de culpabilité, mais après réflexion, avec légèreté et sûre d’être dans mon bon droit. C’était un travail, et même si il était plaisant je le faisais pour être payée.

L’idée que cette activité était un « vrai » métier ne m’avait pas effleuré auparavant. Tout le monde pose de temps à autre, pour une photo, par exemple. Tout le monde offre aussi parfois son écoute, son soutien, et souvent son analyse et ses conseils, à des proches en détresse psychologique ou en questionnement. C’est ainsi que le métier de psychologue peut sembler trivial aux profanes : parler, écouter, tout le monde sait faire ça. Je voyais de même l’activité de modèle comme indistincte des diverses autres activités de ma vie. Quelle chance, m’étais-je dit en voyant l’annonce : être payée pour faire quelque chose qui relève du loisir. Si j’ai beaucoup aimé être modèle, ce fut finalement pour d’autres raisons.

Le travail de modèle, j’avais d’abord imaginé qu’il consistait à vendre son corps immobile, à laisser autrui tirer parti d’une image passivement présentée. Exister devant un regard, pour un regard, voilà tout. Le premier jour, j’ai demandé au prof comment je devais me mettre. Il m’a laissée libre de choisir ma pose, c’est à dire qu’il m’en a confié la responsabilité. Sa seule consigne a été d’éviter les poses difficiles à dessiner, en particulier les raccourcis (lorsqu’un membre, un bras par exemple, est orienté en direction des dessinateurs, et qu’il leur faut représenter le poignet et l’épaule presque côte à côte pour rendre compte de la perspective). J’ai donc dû, non simplement poser, mais faire ce travail-là : réfléchir pour les dessinateurs à une pose qui leur serait profitable. Travail certes pas très difficile, mais relevant du technique. J’étais partie prenante de l’activité d’enseignement, spécialiste de mon image.

Cette fois-là, prise au dépourvu, j’ai choisi de rester tout simplement debout, les bras ballants face aux dessinateurs. J’ai très vite compris mon erreur ! Se tenir debout fait reposer tout le poids du corps sur la faible surface des métatarses et des talons. D’ordinaire, la position reste confortable en raison des divers mouvements, pas et balancements opérés spontanément. L’équilibre du corps est également maintenu de façon dynamique. Dans cette pose, la pesée s’exerce constamment et comprime fortement les zones de contact avec le sol. Le sang descendu dans les jambes n’est plus renvoyé vers le haut par le massage des veines que procure le mouvement. Quant à l’équilibre, lorsqu’on s’interdit de décoller ses pieds du sol, il doit sans cesse être réajusté en augmentant l’appui sur un côté ou l’autre du pied.

Cette première expérience, quoiqu’un peu supplicielle, m’a permis de découvrir plusieurs aspects de mon nouveau métier, que j’ai approfondis par la suite : une pose doit convenir aux dessinateurs, mais également être aussi confortable que possible pour le modèle ; la douleur qui accompagne à des degrés divers (souvent faibles, rassurez-vous) toute pose un peu longue ou difficile, peut être gérée par différentes techniques mentales, ainsi qu’en détendant consciemment certains muscles. Il faut aussi savoir ne pas considérer d’emblée la pose comme définitive, mais la laisser s’ajuster durant quelques minutes, en surveillant la manière dont le corps se l’approprie.

J’ai dû apprendre à tenir la pose. Cela peut sembler tout simple, mais en réalité la conscience de la disposition exacte de son corps, des mouvements involontaires qui l’animent, et la connaissance des moyens de rectifier en permanence sa posture, n’ont rien de spontané ni d’intutif. La position de la tête par exemple, qui doit être dressée, inclinée et tournée avec précision ; on peut prendre quelques repères en observant et en mémorisant les limites de son champ de vision proche et lointain, afin de contrôler les variations qui surviennent. Le regard et l’expression du visage doivent eux aussi trouver leur forme stable, puis être maintenus rigoureusement.

D’autres aspects de ce travail me sont apparus par la suite. J’ai commencé par me procurer un peignoire, afin de marquer clairement la distinction entre ma nudité de modèle et ma tenue lors de mes temps de pause (dont je décidais librement). Dans tout métier, les pauses sont distinguées du temps de travail par divers moyens : changement de lieu, cigarette, etc, la distinction étant d’autant plus importante à faire que le travail « ne se voit pas » (la personne doit alors montrer son indisponiblité). Le peignoir était donc mon marqueur de pause, et la nudité ma tenue de travail. Roland Barthes explique comment la strip-teaseuse professionnelle est revêtue de sa fonction alors même qu’elle est nue, réflexion qui s’applique également aux modèles.

Enfin, j’ai compris en exerçant ce métier que la nature de la transaction n’était pas de vendre mon corps, ni même mon image. Comme dans tout travail salarié, il s’agissait de vendre mon temps. Face à cette réalité, j’ai développé des stratégies que l’on retrouve partout dans le monde du travail : observer la pendule jusqu’à attendre chaque avancée de la trotteuse ; ne pas observer la pendule, aussi longtemps que possible ; et, beaucoup plus efficace, m’absorber dans une sorte de transe, un état de semi-vigilance qui exigeait toutefois de maintenir mon attention envers la position et les mouvements de mon corps. J’ai apprécié les moments passés avec les dessinateurs, avant et après la séance, mais j’ai aussi apprécié qu’ils soient brefs, car j’avais hâte de rentrer et de retourner à mes occupations personnelles.

*

Pour conclure, je dirais que tout ceci m’a préparé à comprendre ce qu’était le métier de pute. Une activité qui parait aller de soi, que tout le monde pratique, mais qui présente des aspects techniques spécifiques lorsqu’on l’exerce de manière professionnelle. Une rétribution qui légitime, renforce l’estime de soi, et restaure une saine paresse vis à vis du stress indécent qui est le lot des employés ordinaires. Un métier qui semble impliquer fortement l’intime, mais qui passe en réalité par un rôle, comme pour la nudité de la strip-teaseuse. Une dimension corporelle très présente, et à travers cette dimension, l’idée reçue que ce métier consisterait à « vendre son corps », alors que l’on vend son temps comme n’importe quel travailleur.

J’ai adoré exercer ce métier, bien que j’aie parfois enduré la fatigue ou guetté la pendule. L’un de ses aspects, à peu près absent du métier de modèle, est la dimension humaine. Mes clients étaient des gens ordinaires, tous différents, généralement très agréables, et j’ai beaucoup appris à leur contact. Les frangines, mes collègues, sont elles aussi pour la plupart de belles personnes, fortes et libres, qui m’ont apporté tout autant. Les uns et les autres font toujours partie de ma vie, et je pense à ces deux moments de mon histoire, la période où j’ai été modèle et celle où j’ai travaillé comme pute, avec tendresse et fierté.

Bientôt, pour la trente-sept-millième fois de ma vie, au moment de se dire bonjour, un type s’approchera de ma joue en ignorant ma main tendue ou le fait qu’on vient de se serrer la main. Il dira « je te fais la bise, hein » tout en le faisant, et le timing de son geste ne me permettra pas de refuser poliment.

Mais contrairement aux trente-six mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf fois précédentes, je ne choisirai pas entre subir ce contact imposé, avec ou sans protestation a posteriori, ou me reculer brutalement en donnant l’impression d’avoir un comportement inapproprié et en me faisant sommer de rendre des comptes.

Non, cette fois-ci, je le laisserai s’approcher et déposer sa bave sur ma joue sans mon consentement… et je riposterai ! C’est à dire que pour ma part, je lui ferai une bonne grosse léchouille, un « bisou de vache » comme dit mon fils.

bisou_de_vache

Comme il ne manquera pas de protester et que je suis très sympa, je lui expliquerai gentiment que c’est le seul choix qu’il m’a laissé pour équilibrer la situation : à contact imposé, contact imposé et demi !

Encore un billet repiqué sur mon ancien blog, je vous avais prévenu de ma flemme sans limites. Il date un peu, j’y parle en tant que femme ; à vrai dire, face au sexisme, être pas-un-homme peut aussi bien s’appeler comme ça.

Je veux parler de mes fantasmes, non pour ajouter à ce blog une touche croustillante, mais parce que je suis toujours surpris’ d’y retrouver toute l’étendue des violences sexistes qui existent dans la réalité. Moi qui lutte pour que les femmes obtiennent respect et conditions de vie épanouissantes, je reproduis et cultive à plaisir en mon for intérieur les violences et les injustices que je dénonce. Quelle est cette étrange contradiction ?

Sans entrer dans les détails (j’espère ne pas causer de trop cruelles déceptions) ma branlothèque personnelle semble de prime abord tout droit tirée de Sade ou de Réage. Mais une différence me paraît cruciale : chez eux, cette violence est assortie d’un discours justificateur. Rien de tel dans mes fantasmes ; la brutale dissymétrie entre mon personnage (et éventuellement d’autres femmes) et les hommes y est un donné qui non seulement n’est pas justifié mais ne saurait l’être.

Bien au contraire, l’arbitraire de la situation est dans chaque scénario un élément central, mis en valeur par la conscience exacerbée qu’en ont tous les protagonistes. En ceci mon univers diffère également de la réalité, où la plupart des violences sexistes font l’objet d’un déni global, tant de la part de leurs témoins que de leurs auteurs, et souvent de leurs victimes mêmes. À lui seul, cet arbitraire explicite fait de la violence dans mes fantasmes quelque chose de très différent des violences invisibles, légitimées ou banalisées que subissent les femmes.

Mais au fait, d’où viennent-ils, ces fantasmes ? Libido, je désire. Que désiré-je en tant que femme, qui s’apparenterait à de telles violences ? Que ce soit bien clair : rien que je veuille en réalité ; le désir n’est pas l’expression d’une volonté, il émane directement de notre expérience émotionnelle. Quelle expérience émotionnelle peut faire qu’une femme désire le genre de violences qu’elle va probablement subir dans la société ? Tout simplement son éducation de dominée, qui sert notamment à lui façonner une libido de dominée.

On nous fait désirer être ce que j’appelle la princesse, c’est à dire un objet docile livré au bon plaisir des hommes. Bien sûr, ce n’est pas ainsi que nous est présenté notre condition(nement), mais sous une forme édulcorée et assortie d’arguments variés. C’est pourtant de là, selon moi, que naissent tant mon goût pour la soumission jouée du BDSM ou celle, imaginaire, de mes fantasmes, que les dispositions grâce auxquelles une soumission bien réelle est obtenue des femmes dans la plupart des circonstances de leur vie.

Multipartenaire

Publié: 12 décembre 2014 par L'épicène dans 3615mavie, nos essais
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Je dédie cette petite mise au point à tous les mecs qui ont insisté pour baiser sans capote alors que je n’étais pas d’accord.

Ça t’évoque quoi, le mot « multipartenaire » ? Tu es sûr qu’on parle de la même chose ?

*

Multipartenaire, même si tu es « clean », même si tu n’as  pas du tout d’autre partenaire et que je te fais confiance, ça ne veut pas dire que tu peux choisir entre mettre une capote et prendre un risque en baisant avec moi.

Ça veut dire que je porte une responsabilité envers tou’s mes partenaires, toi y compris. La capote n’est pas une garantie à 100% de ne rien attraper, alors je l’utilise pour me protéger mais aussi pour te protéger au cas où j’aurais attrapé quelque chose depuis mes derniers tests. Et ce n’est pas parce que toi tu t’en fous de prendre le risque que je te refile une maladie, que moi je veux forcément le prendre aussi.

– Quoi, je ne peux pas faire de toi un danger pour moi si ça me chante ?
– Non bébé, tu ne peux pas faire ça.

*

Multipartenaire, ça ne veut pas juste dire que tu es d’accord pour que j’aille « baiser ailleurs ».

Ça veut dire que quand je baise avec toi, je suis aussi en train de « baiser ailleurs ». Tu es sûr’ d’être « clean » et si tu étais mon seul partenaire ça me conviendrait. Mais une erreur est toujours possible, et mes autres partenaires aussi ont le droit que je me comporte de façon responsable envers elleux.

– Quoi, aucun de tes partenaires n’est le centre du monde ?
– Oui bébé, exactement.

*

Et comme ça n’a pas l’air de rentrer, avec ou sans lubrifiant je voudrais ajouter encore une chose : safe is sexy !

Vous avez exprimé le souhait de communiquer avec Spangle

Publié: 1 décembre 2014 par L'épicène dans 3615mavie, nos textes
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Bonjour.
Vous avez exprimé le souhait de communiquer avec Spangle.
La ressource « énergie de Spangle » vient d’être classée comme denrée rare.
Voulez-vous tenter d’accéder à cette ressource ?

Non →
Merci de votre visite.

Oui →
La ressource « énergie de Spangle » est disponible en quantité limitée.
Voici les critères d’attribution en fonction du type de demande :
Mail personnel : oui – deux mails par semaine maximum
Mail collectif : non
Entretien téléphonique ou tchat : non
Rencontre personnelle : oui – à domicile uniquement – sur rendez-vous
Participation à un évènement de loisir – sortie, soirée, spectacle : non
Participation à un évènement politique : selon demande
Participation à l’organisation d’un évènement : non
Autre : non

Le type de votre demande correspond-il aux critères d’attribution ?

Non →
Votre demande ne peut être satisfaite.
Merci de votre visite.

Oui →
Une contrepartie est demandée pour tout accès à la ressource « énergie de Spangle ».
Voici la liste des contreparties susceptibles d’être agréées :
Tendresse (selon pourvoyeur)
Chocolat
Jus de pomme industriel
Intérêt passionné pour les mathématiques
Livre de Calvino, Queneau, Brautigan, Allais

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On m’a demandé si mon agresseur était « un client ». J’ai répondu que nous avions certes pris rendez-vous dans le cadre de mon travail, mais que non, ce n’était pas un client. En disant cela, j’ai vu l’étonnement se peindre sur des visages, l’incompréhension s’y installer. Alors je suppose qu’il faut que j’explique. C’est toujours à nous d’expliquer, de rendre des comptes, de répondre à des questions que les gens trouvent stupides quand on les leur retourne. Bon ok, allons-y.

Une fois quand j’étais jeune, j’ai piqué des trucs dans un grand magasin. Enfin, j’ai essayé, mais je me suis fait prendre. Pendant qu’on attendait la police, l’un des vigiles a dit à quelqu’un du magasin d’aller remettre mes courses en rayon. J’ai protesté :

– Attendez, laissez-les là. Je veux les acheter.

– Non, vous ne pouvez pas.

– Mais c’est stupide ! Il faudra que je revienne et que je reprenne les mêmes choses en rayon pour pouvoir les acheter ?

– Non. Vous n’aurez plus le droit d’entrer dans ce magasin.

– Ah ? Mais alors laissez-moi les payer tout de suite.

– Non.

Vous voyez le rapport ? Ce magasin a décidé que je ne faisais plus partie de leur clientèle, parce que je n’avais pas respecté leurs règles du jeu. Avant ça, je pouvais y entrer et acheter tout ce que je voulais. Après, ce n’était plus possible, même pas « juste les provisions qui sont là ». D’ailleurs, ce n’est même pas encore aussi simple…

Tout le monde peut entrer dans un grand magasin… tant que ça convient à la direction du magasin ; mais si par exemple vous êtes manifestement ivre, si votre comportement ne leur convient pas ou si vous êtes sur leur liste noire, ils ne vont pas vous laisser entrer.

On peut tout acheter dans un grand magasin… enfin, tout que ce qu’ils acceptent de vendre ; les caddies, les néons, les rayonnages ou même parfois un produit mal étiqueté ne vous seront cédés ni pour deux sous, ni à prix d’or. Et bien sûr le magasin lui-même n’est pas à vendre.

Vous comprenez mieux, maintenant ? Ce sont eux qui décident si vous êtes un client. Ce sont eux qui décident ce que vous pouvez acheter. Ce sont eux qui décident à quel prix, à quelles heures et sous quelles conditions.

Eh bien les putes, c’est pareil. On n’est pas « à vendre ». On accepte, sous des conditions bien précises, de vendre des services bien précis. C’est nous qui décidons à qui, où, quand et comment. Et le statut de client est révocable à tout moment, en particulier si quelqu’un ne respecte pas nos règles du jeu.

C’est incroyable, comme comparaison. Moi qui me bats pour qu’on arrête de parler de « marchandisation » de nos corps, je prends l’exemple d’un supermarché… C’est incroyable que les supermarchés exercent leur pouvoir, posent leurs conditions de manière aussi invisible à vos yeux, tandis que ce même pouvoir, vous ne pouvez même pas imaginer que les putes l’exercent aussi…

Bon jusqu’ici j’ai réussi à tenir : j’ai plus facebook depuis un mois. Oui oui vous avez bien lu, tout un mois. J’ai vraiment réussi à m’en détacher, même au point que j’ai désamifié les trois quarts de mes contacts. Balaise, hein ? Alors bon, c’est vrai que j’ai gardé mon compte mais vous comprenez, c’est juste pour pouvoir gérer la page du Palace Rivotte, j’ai pas vraiment le choix, mais pis vraiment j’y vais jamais…

– Mais si t’y vas jamais, t’as pas besoin de garder ton compte ?

-Heu nan mais si mais c’est compliqué mais t’inquiète, je gère.

-Ah bon, si tu gères alors.

-Nan mais Conscience, on t’a pas sonnée, alors maintenant ta gueule.

– T’es sûr’ que t’as atteint le détachement et tout, là ? Pasqu’on dirait pas. Mais bon, jdis ça, jdis rien.

-Ta Gaulle j’ai dit !

Grmmlhml… Bon mais ça va pas du tout là, je voulais juste faire une petite intro avant d’entrer dans le vif du sujet, et cette connasse de conscience là qui vient foute sa merde… Bon c’est pas grave, je reprends.

Alors voilà, j’ai plus facebook. D’habitude quand il arrive un truc dans ma vie, comme de manger une noix de coco ou de mettre une claque bien méritée à un connard de file-ton-num dans une rue déserte à 2h du mat’, mon premier réflexe est de réfléchir à la façon dont je vais le raconter. Ah les copains ils vont bien se marrer, décidément ma vie est passionnante.

Et là, soudain, un vertige me prend. Non. Hé non, ils ne vont pas bien se marrer, les copains, parce que je vais pas le raconter sur facebook, parce que j’ai plus facebook. Enfin j’y vais plus, quoi. Sevrage, on a dit. Se. Ve. Rage ! Alors voilà : ce blog n’est pas destiné à remplacer facebook dans ma vie et à me permettre de m’éclater dans l’autodérision tellement originale devant un public déjà conquis. Mais là, je suis en manque.

Alors juste pour cette fois, je vous fais un article totalement j’ai-mangé-une-pomme parce que j’ai trop, mais vraiment trop envie de vous raconter comment j’ai été dérangé’ tout à l’heure dans ma passionnante recherche d’un site dont j’aurais pas déjà fait trois fois le tour aujourd’hui, par un minuscule non-événement que je trouve cocasse et plein de charme.

J’étais donc devant mon ordi, quand j’ai entendu un petit bruit insolite. Une sorte de « ffhfffhh… » très discret, tout près de moi. J’ai tourné la tête, et j’ai vu la patafixe qui tenait le bout du porte-jarretelles rose s’étirer lentement et se détacher du mur avec un tout petit « Pop ! ». Juste après, la boulette de patafixe voisine à suivi le même chemin et le porte-jarretelles s’est laissé tomber à la verticale avec une seyante élégance.

Ya pas de fantômes, ici, ou alors si il y en a ils sont très discrets. Mais au Palace, il se passe toujours de ces petites choses qui donnent une impression de présence, de vie, imprégnée dans les lieux et jusque dans les dessous coquins que portent les murs. Voilà, merci de votre attention et promis, je le ferai plus.

Et plaf ! Le porte-jarretelles a fini par tomber pour de bon.


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