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Trigger

Publié: 25 août 2015 par L'épicène dans 3615mavie, cris
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C’est un mot anglais qui veut dire « gâchette ». Il désigne l’élément déclencheur d’une crise de stress chez une personne atteinte de sspt (syndrome de stress post-traumatique). Un stimulus anodin qui, en réveillant la mémoire traumatique, plonge la personne dans un état de stress imprévisible et incontrôlable.

Il ne s’agit pas d’un « mauvais souvenir » normal. La mémoire traumatique est une mémoire figée, sans mots. Lors du traumatisme, les informations qui arrivent au cerveau déclenchent, une fois interprétées, un afflux d’hormones de stress. Pour éviter la surdose, la transmission de ces informations est alors interrompue entre la zone du cerveau qui les reçoit, et celle qui les interprète et les archive comme souvenirs. Les perceptions qu’on a eues à ce moment-là restent dans une zone du cerveau qui ne les « comprend » pas, figées sous forme d’informations sensorielles brutes.

Parfois cela crée une amnésie totale. Souvent c’est plus mitigé, une partie des informations a été transformée en souvenirs accessibles à la conscience. Mais dans tous les cas, « le corps se souvient », c’est à dire que dans cette partie du cerveau, certaines perceptions peuvent être comparées à celles-là et considérées comme apparentées. L’information qui est alors transmise est une sorte d’alerte générale, un stress de la même intensité que lors du traumatisme. Avec ou sans reviviscences, que la personne comprenne ou non ce qui lui arrive, elle se retrouve projetée dans un état émotionnel de panique et de détresse intense.

Les raisons pour lesquelles une perception « normale » peut rappeler la mémoire traumatique, ne relèvent pas de l’intellect puisque les informations n’ont pas été interprétées. C’est pourquoi il est souvent impossible de prévoir que cette association sera faite. N’importe quelle situation, idée ou perception peut déclencher la mémoire traumatique. Cependant, même si la plupart des trigger ne sont pas aussi intellectuels, les évocations des traumatismes les plus répandus (viol, agression, accident) peuvent déclencher une crise de stress post-traumatique chez les personnes l’ayant vécu, qui sont nombreuses. C’est pourquoi il est recommandé d’avertir les gens avant de leur mettre sous le nez des images ou des mots évoquant crument ces situations (« trigger warning »).

Quelques exemples de trucs qui m’ont trigger :

– mes règles

– de l’huile de massage

– parler de couloirs d’hôpital

– un tour dans une charrette à vélo

– un cuni

– parler de viols de guerre

– passer devant une église

– avoir les oreilles bouchées

– plein de films

– ce soir, je sais pas

Trigger warning : Le texte qui suit évoque la survenue d’une crise de stress post-traumatique, ainsi que des souvenirs d’agression sexuelle. Cela peut impacter les personnes atteintes de sspt, voire leurs proches. Si vous pensez être concerné’, ne continuez la lecture que si vous êtes en bonne condition et dans un environnement protecteur.

Tu es en train de zoner sur ton canapé, et tout d’un coup ça te tire par la manche. D’abord l’impression qu’une main, un bras, appuie sur ton sein. Puis le visage du conard, tout souriant, content de t’avoir à sa merci. Une pelle qu’il t’a roulée. L’eau tiède et satinée du jacuzzi. Des bouts de souvenirs reviennent, de plus en plus vite. Tu finis par réagir. Ouais, parce que maintenant tu arrives à réagir. Tu cries dans ta tête : ta gueule, ta gueule, ta gueule, ta GUEULE, ta gueeeeeuuuule ! Les images s’arrêtent comme un représentant sur le pas de ta porte. Menacent de s’y amonceler et de te tomber dessus. Du bluff. Juste les tenir à distance.

Tu te dis que peut-être, tu peux travailler sur ce traumatisme pendant la crise. Profiter qu’il est là pour l’apprivoiser. Tu tâtes. Ça amène quelques larmes. Non, c’est un mur, un casse-tête, aucune prise. Il n’y a rien à faire pour cette fois. Parfois ça arrive, parfois tu peux racler le truc avec tes ongles et en effriter quelques bouts. Mais pas à tous les coups.

Il faut juste tenir. Attendre que ça passe, aussi longtemps qu’il faudra. Tu te concentres sur ton poil hérissé, ta peau qui frissonne. Tu prends conscience de ta mâchoire serrée, de tes sourcils froncés à se rejoindre. Tu te laisses distraire et ça revient. Ta ggggggggueule. Noooon, pas celui-là, noooon.

Mentalement, tu repousses à coups de pieds un truc, sans regarder ce que c’est. Surtout ne pas regarder. Tu sais juste que c’en est un bien moche. Un deuxième le rejoint. Ils s’accrochent. Tu savates, tu savates, tu sais que quand tu arrêteras ils n’auront pas reculé d’un pouce. Et meeerde, la voilà qui s’amène, celle-là. La sensation de ton sexe ouvert en grand, vulnérable à l’univers entier. Ton sexe qui devient plus grand que tout le reste de ton corps. L’impression de te transformer en entonnoir géant. Ça tu n’y peux rien, il faut faire avec. Comme une nausée. D’ailleurs tu as aussi la nausée.

Et faim. Ça c’est un bon point, tu sais que ça va t’aider quand tu pourras commencer à sortir de là. Ou même tout de suite ; ce petit tiraillement à l’estomac, ça n’appartient pas au souvenir. C’est du réel, du présent. Tu t’y accroches. Tu te hisses. Un pied dans le réel. Super. Fais gaffe t’es encore au bord, et vas te préparer, heu, une tartine de nutella. Doucement, doouuucement.

Tu bouges à petits pas, les coudes collés au corps, la tête baissée, rentrée dans le cou. Pas de secousses. Champ de vision rétracté au maximum. Pas laisser tes pensées traîner par là. Regarder le pot de nutella. Penser « pot de nutella ». Regarder le couteau. Penser « couteau ». Regarder le pain. Penser « tartiner ». T’occupes pas de la géante rouge, de la galaxie qui spirale entre tes jambes. T’occupes, c’est rien. Mords dans ta tartine. Ah non, oups, pas tout de suite sinon pleurer, retomber dedans. Pas manger tout de suite. Faire un thé d’abord. Poser la tartine, faire du thé en cherchant dans quelle direction tu pourrais lancer ta pensée pour qu’elle s’éloigne de… de ça, enfin qu’elle s’éloigne. En ligne droite d’abord, puis en reprenant peu à peu sa liberté de mouvement. Du thé. Thé. Du thé.

*

Juste une précision pour les gens qui ne connaissent pas : ça c’est une toute petite crise bien gérée qui tourne bien. Deux heures accroché’ à une falaise, un début de migraine, ce n’est pas exactement une crise de sspt, plutôt le stade « guérison bien avancée », et « j’ai eu du bol pour cette fois ».
Une vraie crise, c’est par exemple la fois où les voisins n’ont jamais osé me parler des cris qu’ils ont entendu (moi à leur place j’aurais appelé les flics, une ambulance et mon pote le videur). Une vraie crise, c’est un cauchemar arrêté, t’as même pas envie de mourir parce que pour ça faudrait pouvoir penser. Et plusieurs jours de lit pour t’en remettre. Entre les deux tu sais pas, t’étais plus là. Mais du coup c’est plus difficile à raconter. Vous pouvez peut-être juste souhaiter que ça vous arrive jamais.

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Il y avait plusieurs agresseurs sexuels* à la marche de nuit d’hier soir. Vu le nombre de mecs et le nombre de personnes en tout, j’estime qu’il devait y en avoir une bonne vingtaine ; pas tous conscients de ça, et probablement tous sincèrement solidaires des victimes et des victimes potentielles de ces agressions. Quand j’ai vu que mon ex se trouvait là, tout d’un coup je me suis dit : « hé, mais c’est un agresseur, il a du culot d’être venu ce soir ». Et puis je me suis rendu compte que j’avais à balayer devant ma porte. Moi aussi, j’ai agressé quelqu’un. En douceur, en silence. En couple.

Parce qu’il y a les agressions dont on parle, mais aussi celles qu’on tait, celles qui n’existent pas, celles dont on ne s’aperçoit même pas. Les agressions les plus nombreuses, faites d’attouchement importuns et de « Non mais si, allez, quoi… ». Les abus qui tournent bien, quand ta copine au début elle voulait pas et puis finalement elle est contente que t’aies insisté. Ou en tout cas elle ne s’en plaint pas. Quand elle se réveille le matin et qu’au bout de dix secondes son regard se vide et son sourire s’efface ; qu’elle te demande quand même si t’as bien dormi, mais qu’elle se lève vite pour aller faire du café. Pas qu’elle te fuie, malgré l’étrangeté ; c’est surtout la peur des explications à donner.

Tu t’endormais, et là tu sens la bite de ton copain qu’il presse contre tes cuisses. Tu ne dis rien, tu ne penses plus. Le lit est trop grand pour en sortir. T’espères qu’il va comprendre mais tu comprends que t’espères en vain, et finalement tu te reprends juste assez pour faire semblant que c’est normal. Mais tu t’es pas sentie en danger, et puis sa bite tu la connais, tu te sens pas salie, et après tout c’est pas ton non qu’il a piétiné, juste ton silence. T’avais qu’à lui dire, d’ailleurs c’est pas cool de lui en vouloir, il savait même pas que tu voulais pas. Et surtout c’est tellement dans le cours des choses. Il suffit de pas trop y penser pour écarter le risque de nommer. Il suffit de verser du café dans vos deux tasses et de regarder l’appartement qui est comme d’habitude pour être sûre qu’il n’est rien arrivé.

Bien sûr il y a un monde entre ces viols ordinaires, et un viol « caractéristique ». Un viol avec peur, avec coups, avec saleté. Un viol public, auquel tu fais face comme à un mur, qui te laisse pas le choix d’appeler ça autrement. Il y a un monde et en même temps une parenté, une cohérence. Le barbare et l’insidieux, le terrifiant et le quotidien, chacun de ces viols rend l’autre possible. T’apprends ça sous ta propre couette, t’apprends comme c’est normal et comme tu n’y peux rien. Et tu sais ce qui se passe dehors, quand tu sors, alors quand ça se passe dedans ya rien qui sort.

Espaces à prendre, silences à briser. On était là dans la rue en train de marcher, alors pour compléter j’ai crié. Viole ta copine, pas les passantes. Range-toi du côté des gens qui peuvent faire des conneries mais ça jamais. Prends-toi pour quelqu’un de bien à peu de frais. Viole ta copine, pas les passantes. C’est la réalité ou bien cette phrase qui est choquante ?

Il faut s’accrocher pour lire l’effarante histoire de Danielle, violée à l’âge de 11 ans et, hélas, prise en charge par la police étatsunienne. Malgré le constat médical d’un viol, la police n’a pas pris l’affaire au sérieux. Pourtant, cela aurait peut-être évité qu’un mois plus tard les agresseurs n’enlèvent une seconde fois leur victime, presque devant chez elle, pour la violer de nouveau.

Le soir de ce deuxième viol, la police s’est carrément permis de piéger la fillette : une flic lui a menti sciemment pour voir si elle allait se contredire, lui disant que l’agresseur qu’elle avait identifié avait un alibi et lui demandant de donner une version qui soit cohérente avec ce mensonge. Ensuite, sachant que des viols avaient été commis sur une enfant de onze ans, la police a classé l’affaire au prétexte qu’elle avait fait de fausses déclarations.

Comble du sordide, la gamine a ensuite été poursuivie et condamnée, oui oui sérieusement, condamnée pour faux témoignage à cause des élucubrations qui lui ont été soutirées à partir d’un mensonge, à 5 heures du matin, la nuit après ce deuxième viol, alors qu’elle n’avait pas dormi, n’avait même pas pu changer de vêtements, et que son interrogatoire s’est terminé quand elle n’a plus été en état de parler intelligiblement.

L’article du Washington Post (en anglais) : http://www.washingtonpost.com/lifestyle/magazine/a-seven-year-search-for-justice/2015/03/12/b1cccb30-abe9-11e4-abe8-e1ef60ca26de_story.html

Bienvenue dans le monde réel. Prenez une pause, respirez. C’est les états-unis hein, on sait bien qu’ils sont fous là-bas. Heureusement nous on est en france.

*

Moi par exemple j’ai eu de la chance, finalement. Quand j’ai été confronté’ à la police après un viol, j’ai juste eu droit à…

– faire une déposition seul’ dans un bureau avec un flic mâle

– la requalification arbitraire du viol en agression sexuelle

– des prélèvements de un peu tout ; la médecin légiste était déçue que je n’aie pas de sperme dans le vagin

– la confiscation de tous mes vêtements ; on m’a juste donné une blouse jetable pour me couvrir, soit un mètre carré de papier à moitié transparent

– un autre entretien en tête-à-tête, nu’ sous cette blouse, avec un psychiatre flic mâle* qui a profité de mon état second pour me faire dire qu’au fond de moi, j’avais en quelque sorte eu le désir d’être violé’*. Histoire d’être sûr que j’allais bien me sentir coupable de « mon » viol.

Les suites ? Le mec était clairement identifié, il y avait quelques preuves dont des traces de lutte dans son appartement, mais bon soyons sérieux, quand t’es une pute c’est pas vraiment du viol*. J’ai pas eu de nouvelles. Mais alors ça servait à quoi de me faire subir toutes ces épreuves supplémentaires ? Sans me proposer la moindre aide, hein, le psy c’était pour l’enquête. Sans doute juste pour dire qu’ils ont fait leur boulot, qu’ils ont suivi la procédure, et puis ça m’apprendra à les déranger pour un oui ou pour un non.

Mais surtout, youpi, après tout ça j’ai pas eu de procès au cul. Chance, j’avais pas onze ans moi, je connaissais un peu mes droits, et j’étais choqué’ mais je comprenais quand même à moitié ce qui se passait. Je suis blanc’, ça aide aussi. Et sans doute que les flics devaient être d’humeur arrangeante, il faisait beau ce jour-là.

Je précise que je n’ai pas choisi de porter plainte. Le motard qui m’a… hum, sauvé’ ? Le motard vers lequel j’ai couru en criant au secours m’a véhiculé’ direct au comico sans me demander mon avis. Les flics ont vaguement dû me poser la question, mais j’étais pas en état de savoir ce que je voulais faire et eux, si. C’était évident que j’allais déposer une plainte, n’est-ce pas ? C’était évident que je n’avais rien de plus bénéfique à faire après un viol que de passer huit heures seul’ en leur aimable compagnie. Ils ont appliqué la procédure sans se demander si j’avais besoin de quelque chose, ou peut-être qu’ils m’ont donné un verre d’eau, je ne me souviens pas.

*

Alors je ne dis pas qu’il ne faut pas porter plainte. Ce serait bien qu’un jour les viols soient vraiment condamnés*. Je dis juste que ne pas porter plainte est un droit, et un choix plein de bon sens. Je dis qu’il faut faire gaffe, qu’il faut sérieusement se poser la question avant de mettre les pieds dans un commissariat et ne surtout pas y aller seule.

Petit guide de survie pour porter plainte après un viol

Mettons, sœur de misère, que tu souhaites vraiment porter plainte et que tu en trouves le courage. Voici quelques conseils. Ils sont bien sûr subjectifs, et doivent être adaptés selon ton ressenti et la situation.

juste après le viol

D’abord, trouve protection et soutien. Appelle qui tu peux, réclame la présence immédiate de proches qui pourront te soutenir. Au pire, réclame l’aide de n’importe qui d’autre qu’un flic : tu peux aller chez un médecin, mais aussi dans une pharmacie, demander assistance à unE passantE, unE commerçantE, ou même sonner chez quelqu’un. Si tu la sens bien au vu de sa première réaction, explique à la personne qu’elle DOIT se rendre disponible pour toi pendant plusieurs heures, et que sinon elle reste auprès de toi le temps que tu trouves quelqu’un d’autre pour t’aider.

Une fois que tu es posée au calme avec un verre d’eau, si tu peux, parle ou écris. La mise en mots aussi précoce que possible va prévenir ou limiter le syndrome de stress post-traumatique, donc rendre l’ « après » beaucoup moins moche. Raconte, pleure, fais-toi câliner si tu en as envie.

Exprime aussi clairement que possible tous tes besoins : je veux que telle personne reste avec moi, que telle autre sorte de la pièce. Je ne veux pas que tu me touches, tais-toi pour le moment, éteins la musique. Ton stress me gêne, tu dois te calmer pour m’aider. Je veux une couverture, du thé, je veux manger, je veux me recoiffer. Je ne veux pas que tu préviennes X. Je veux que tu prévoies plus de mouchoirs. Prends le temps qu’il faudra pour cette étape. Si ça suppose une nuit de sommeil, le reste attendra. Enfin, sauf la pilule du lendemain*.

temps de réflexion

Quand tu t’en sens capable, organise tes démarches avec tes alliéEs. Certes, il sera très utile de faire des prélèvements rapidement. Autant que possible, ne te lave pas et ne change pas de vêtements avant ces examens. Tu voudras peut-être faire des prélèvements sur le moment et décider plus tard de porter plainte ou pas.

Il se trouve que la médecine légale* (donc les examens les plus précis et/ou qui seront le mieux reconnus comme preuves) n’est accessible que lorsqu’on a déjà déposé une plainte*. Mais tu peux très bien faire des examens auprès d’un médecin ou d’un laboratoire, ce sera tout de même une preuve, et surtout ça te permettra d’éviter le commissariat. En effet tu pourras prendre le temps d’adresser ta plainte directement au procureur de la république (essaie de passer par une asso féministe et/ou d’aide aux victimes, ça aura plus de poids).

Si tu veux t’adresser à la médecine légale, tu devras faire face à un certain nombre de toubibs et de flics. C’est une décision qui t’appartiens, tu as le droit d’avoir à ce point envie de justice*, de vengeance* ou de reconnaissance de ce que tu as vécu. Où que tu choisisses d’aller, il faut te protéger contre d’éventuelles violences.

préparatifs

Appelle l’endroit où tu comptes aller pour t’assurer que tu y trouveras ce que tu veux, ça t’épargnera peut-être un déplacement inutile. Rédige une déposition à l’avance, la faire là-bas serait pénible et elle pourrait être déformée par les flics. Prévois des vêtements de rechange et équipe-toi pour plusieurs heures : eau, nourriture, clopes, téléphone chargé, nécessaire de toilette, tes médicaments si tu as un traitement, tes papiers d’identité et de sécu si tu en as.

Libère-toi d’éventuelles obligations, par exemple fais appeler la nounou pour lui dire que tu as subi une agression (ou que tu as eu « un accident », ou « un gros problème, elle vous expliquera ») et qu’elle doit garder les enfants chez elle jusqu’à demain. Essaie d’avoir unE conducteurice pour t’emmener ET te ramener. Tu peux aussi décider de te payer le taxi, ou qu’une ambulance vienne te chercher (mais elle ne te ramènera pas).

face aux flics et aux médecins

Fais-toi accompagner par une ou deux personnes. Exige leur présence à tout moment. Si à un moment on te dit que ce n’est pas possible, demande qu’on t’explique d’abord dans quelle pièce tu seras, combien de temps, avec qui, pour faire quoi, et dis que tes amiEs doivent être juste à côté au cas où tu aies besoin de leur présence.

Bien sûr, on va te faire sentir que tu es vraiment chiante et essayer de grignoter sur tes conditions. Tes allié’s devront te seconder avec fermeté pour que ton consentement soit recueilli à chaque étape et que tu obtiennes toutes les informations que tu veux. Iels collecteront aussi un double de chaque document et noteront toutes les informations utiles.

Pendant tout le temps que ça dure, surveille ton état. Si tu es fatiguée, si tu as faim, et surtout si tu as besoin d’une pause pour faire face à tes émotions, dis-le. Le temps des flics et des toubibs n’est pas aussi précieux que ton bien-être, personne ne doit t’empêcher de prendre soin de toi. Garde à l’esprit que tout laisser en plan et rentrer te reposer reste toujours une option.

après

Quand c’est fini, tiens un nouveau conseil de guerre avec tes alliéEs et décide ce que tu veux faire : où tu vas, avec qui, de quoi tu as besoin. Décide aussi ce que tu veux dire à propos de ce viol, à qui, et ce que tu ne veux pas qui soit raconté. Réfléchis au type d’accompagnement personnel que tu souhaites : groupe de soutien, psy, visites quotidiennes d’alliéEs ? Organise aussi ton accompagnement dans les procédures à venir : relancer les flics (qui sinon aiment bien classer sans suite), rassembler toutes sortes de documents, accompagnement lors des démarches, etc.

Après tout ça, repose-toi beaucoup. Annule plein d’obligations, réclame de l’aide pour n’importe quoi, le temps de retrouver le moral et de l’énergie, sans précipiter les choses. Donne-toi le droit d’être joyeuse ou triste selon les moments, il n’y a pas d’humeur « de circonstance ». Et prévois énormément de patience et de rigueur pour les mois voire les années à venir. Tu as fait ce choix, donc c’est un bon choix, et il vaut la peine d’être mené à bien.

Dreling dreling, les clochettes tintent et les magasins ferment, ça sent le sapin, c’est le moment d’aller retrouver tonton Francis et son homophobie supportable. Insupportable ? Pourtant vous y allez, tous les ans. Ben oui pas le choix, c’est la famille. Attendez attendez ! Vous oubliez les majuscules. La Famille. Les Cadeaux. La Bouffe. Les Traditions bien de chez nous.

Quoi j’exagère ? Qui est-ce qui dit « faut bien » et qui va partager la corvée de Noël avec d’autres non-enthousiastes bien obligés ? Qui est-ce qui y va, c’est moi ou c’est vous ? Ça pourrait être personne, si vous aviez le courage d’assumer ce dégoût que vous clamez. Mais ce que vous n’assumez pas, en définitive, c’est plutôt votre complaisance.

Vous ne les avez pas vu parader tout le mois, les maires islamophobes avec leurs crèches ? Vous n’avez toujours pas fait le lien entre l’argument de la tradition et votre propre participation à une fête chrétienne ? Ou bien vous préférez voir cette soirée comme une affaire privée, une petite réunion de famille bien loin de la tempête xénophobe. Après tout, « le privé est politique », c’est juste un slogan féministe.

Tant pis, vous y allez, c’était prévu depuis l’an dernier. Mais comme vous êtes pas bien fiers de vous, vous faites de l’humour. Vous vous distanciez. On va encore manger ces horribles Mon chéri. Que c’est dur d’être à côté de tata Simone et de son nuage de parfum. Et les gosses trop gâtés qui braillent, un petit xanax avec le coca, ça serait réglé.

Mais vous y allez. Vous allez vous empiffrer, et c’est moi qui gerbe.

La déserteuse

Publié: 5 octobre 2014 par L'épicène dans antisexisme appliqué, cris
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à Virginie Despentes, qui a fait du stop, qui a été violée, et qui a refait du stop

 

Monsieur le Président,

Je suis au tribunal

Pour une affaire banale

Un crime, un incident.

*

Je viens de recevoir

Moultes avis sévères

Qu’ai-je bu dans mon verre ?

J’aurais dû le savoir.

*

Monsieur le Président,

Je ne veux pas me taire

Je ne laiss’rai pas faire

Et j’ai du répondant

*

Pourtant sans hésiter

Il faut que je vous dise

Ma décision est prise

J’ refuse de me méfier.

**

Depuis que je suis née

Pour moi ça sent l’ roussi

Pour les copines aussi

Et à nous d’ nous garer.

*

Ma mère a tant souffert

Elle est muette comme une tombe

Juste avant qu’elle me ponde

Les bleus, c’était mon père.

*

Quand j’ai eu l’âge pour ça

On m’a volé mon âme

On m’a dit t’es une femme

Maintenant, tu t’ méfieras.

*

Demain comme d’habitude

Je n’ ferm’rai pas ma porte

Je ne f’rai pas la morte

J’irai sur les chemins

**

Nuit et jour, à toute heure

Libre et trop court vêtue

En stop ou dans la rue

Je dirai à mes sœurs :

*

Refusez d’obéir

Refusez la prudence

Choisissez l’insouciance

Refusez de frémir.

*

S’il faut à chaque instant

Surveiller ses arrières

Verrouiller les portières

Alors non je préfère

*

Quitte à finir en sang

Quitte à finir en larmes

Me promener sans armes

Aller le nez au vent.

Toi qui parles de viol, tu as déjà été violé ?

Tu te sens inquiet quand tu entends le mot « viol » ? Ou triste ?

Ça te perturbe ? Ça t’empêche de finir ta phrase ?

Est-ce que ton corps réagi à ce mot comme à un courant d’air glacial ?

Est-ce que des images insupportables surgissent lorsque tu l’entends ?

Toi qui plaisantes sur le consentement, as-tu déjà eu à porter la responsabilité et la honte d’une violence qu’on t’a fait ? Est-ce que quelqu’un t’a demandé pourquoi tu n’avais pas fui au lieu de te faire casser la gueule ? Est-ce que quelqu’un t’as demandé pourquoi tu n’étais pas resté chez toi le jour où tu as eu trois côtes cassées ? Est-ce que tu as entendu de la réprobation dans la voix d’un médecin pendant qu’il te faisait des points de suture ?

Toi qui parles de viol, tu penses aux viols dans les films ou aux infos. Tu penses aux filles perdues que tu ne connais pas mais que tu imagines bien – trop bien, réfléchis-y. Mais tu ne penses pas à moi. Pourtant, je suis juste à côté de toi quand tu dis ça. J’entends ton mot d’humour et surtout j’entends combien je n’existe pas, combien je ne peux pas être ici, dans la même pièce que toi, car c’est tellement une exception, une rareté, cela n’arrive tellement qu’aux autres -aux femmes des autres- que tu ne peux pas imaginer que j’en sois une. Une victime de viol. Ou juste une femme inquiète de subir un viol, car toutes les femmes sont obligées d’y penser, toutes.

C’est parce que tu ignores tout cela que tu peux rire. Et je parle d’une attitude. Ce que je te dis ici, tu l’as déjà entendu, tu pourrais le savoir et le prendre en compte, mais tu l’ignores. Et après avoir lu cela, tu continueras probablement à l’ignorer la plupart du temps, confortablement installé dans ta position de personne ordinaire. Je dis ordinaire, car être un homme est la norme, et ne pas l’être est l’exception ; car être suffisamment privilégié pour se sentir à l’abri de la violence est la norme, et les autres ne font pas partie de ton monde.

Toi qui parles si légèrement de viol, est-ce que tu te vois, là, en train d’approuver cette violence ? Est-ce que tu te vois en train de redoubler cette violence ? Parce que c’est ce que tu fais, ce que tu viens encore de faire, mais tu ne peux pas le voir car ça ne colle pas avec l’image de mec bien, gentil et responsable, que tu as de toi et que tu veux donner -à tes pairs. Cette image, tu ne la vois pas comme telle, tu penses qu’elle reflète fidèlement qui tu es ; mais celles qui ne sont pas tes pairs, ceux qui ne sont pas de ton monde, pourraient te dire qu’elle est trompeuse, si seulement ils pouvaient te dire quoi que ce soit.

De l’ordre au chaos

Publié: 5 juin 2014 par jmenti dans cris, nos essais
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Début février les bulldozer sont arrivé prêt de chez nous.
A savoir que pour eux le temps presse.
Le quartier étant depuis longtemps dans des projet diverse et de sombre
enjeux de pouvoir entre La mairie de Nancy et la Communauté Urbaine du
Grand Nancy.
Ils leur faut donc ne pas tarder à les appliquer avant que les sièges
changent.
Pour nous la réalité de ces travaux et bien loin de leur parlote de salon.
Cela nous rappelle ou l'on se trouvent, et un telle puissance dégagé fait
relativisé la solidité de notre habitat.
N'importe lequel de ces engins pourrais en une journée détruire la
structure principale du bâtiment.
Les tremblement sur nos plancher nous le rappel tout le long des journée
de la semaine.

Quelque pantin, fier de leur responsabilité ( Sécurité Urbaine ...),
son venus à nous.
Ils nous tende la main afin que l'on comprenne qu'il ne sont pas mauvais.
Nous prévenir que l'huissier ne saurait tardé, et qu'il serait bon de
parlé relogement...
Malheureusement pour eux qui doivent peut regardé le ciel cela est arrivé
le jour même de la pleine lune.
J'étais alors au plus haut de mon énergie.
Leur expliquas que manifestement il n'avais rien compris, que leur simple
papier (diffusé à tout les sdf) ne me satisferait pas.
Pour ma part les seuls solution envisageable était le rachat du bâtiment
pour un euro symbolique ou l'affectation à un F18 semblable.
Comment pensait-ils m'amadoué avec un intérieur ou je n'aurais même pas
pus me tenir debout avec mon chapeau ?

Ni ré-étiqueté ni ré-inséré !
Voilà notre victoire

Au bulldozer on suivit les espaces verts.
Au grand boum les petits tics.
Non pas d'arbre juste des pavés !

Paria pour toujours!
Si dehors l’ordre s'installe,
à l'intérieur le chaos règne.

Glauquitude Ordinaire

Publié: 22 avril 2014 par tristessecontemporaine dans cris
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Ça y est, je vais mériter mon pseudo.

Voici des morceaux de conversations entendues à l’occasion d’un mariage (+ des anecdotes).
Classés par thème, pour plus de fun consterné.

J’accepte les condoléances, les « Tu en fais un peu trop » mais pas les « Tu verras, pour toi aussi ce sera le plus beau jour de ta vie. »

Miss Havisham's Rotten Wedding Cake from the novel "Great Expectations"

Miss Havisham’s Rotten Wedding Cake from the novel « Great Expectations »

GENRE

Les fleurs en dentelle à épingler sur chaque invité. Une variété de fleur pour les hommes. Une variété pour les femmes.

La maman qui dit que gérer les courses, le ménage et les enfants ça se fait tout seul, sans effort, parce qu’avoir des enfants c’est merveilleux. La même qui dit qu’aucune femme ne pourrait refuser le privilège de porter un enfant. La même qui dit qu’elle ne regrette pas d’avoir pris un mari, même si plus jeune elle s’était dit avec une copine qu’elles n’en auraient pas, qu’elles prendraient des géniteurs et élèveraient leurs enfants toutes seules. « Mais parfois, les choses se font toutes seules. » Bon, elle ne regrette pas parce qu’elle aime ses enfants (sous-entendu, même si son mari est dur à supporter).

Les femmes en cuisine, pendant le repas du lendemain. Elles parlent des types de casserole qu’elles ont.

La maîtresse de maison qui trouve que la belle famille n’aide pas et que c’est abusé. Avec raison.

C’était bien ce mariage. La mariée était belle. (La remarque qui revient toujours)

ENFANTS ROIS/PRINCESSES

Je suis aux toilettes depuis peu. Quelqu’un essaye d’ouvrir la porte. Quelques instants plus tard, ille recommence, en insistant. Stressant. En sortant, je vois un homme mécontent qui donne la main à son fils. D’où le diction : « Quand ton fils a envie d’aller aux toilettes, rien ne doit se mettre en travers de votre chemin. »

Des petites filles qui ont pour jouet du faux maquillage : phare à paupière de plastique, flacon de vernis vide. Roses.

« C’est une vraie princesse. Attendez de voir ce qu’elle exigera pour son mariage à elle. »

« Elle ne mange que quatre aliments – elle est encore plus compliquée que toi qui est végétalienne, ahah – du pain, du fromage blanc, des frites et des knacky. »
dit le père de la petite fille difficile. Il fait le résigné. Limite, il faudrait le plaindre.

Les prénoms des trois petites filles répétés mille fois. Racontage d’anecdotes *touchantes.
Des instructions répétées mille fois. De toute façon, elles ne seront pas réprimandées, alors pourquoi écouter. Leurs voix aiguës transperçaient l’air et mes tympans.

Après avoir porté des robes de princesses au mariage (tellement parfaites pour tenir la traîne de la mariée), les petites ont essayé des déguisements. Les parents les mitraillaient avec leurs appareils photos.

ÂGISME

Une mamie de 87 ans a du mal à ouvrir une bouteille.
Sa belle-fille, s’adressant à la personne assise à coté de la mamie : « Vous pouvez ?… Merci. Parce que sinon, elle y aurait passé la nuit ». Son ton était sec. Elle parlait comme si la mamie ne comprenait pas ce qu’elle disait, comme si elle était sénile, alors que ce n’était pas le cas.

VEGETA*ISME

La maman qui a une fille qui vient de devenir végétarienne et qui s’inquiète de ce qu’elle va pouvoir lui faire à manger. Bon, elle convient qu’elle est quand même en bonne santé.

Le personnel du restaurant qui a fait l’amalgame entre manger végétalien et manger sans graisse. (Apportez-moi de l’huile pour aller avec mes légumes 0 %, merci.)

Au restau, le steak de soja de grande surface.

DIVERS

Avant de quitter le restaurant, l’oncle profiteur (mais aussi bling-bling) qui ramasse tous les œufs en chocolat ayant été disposés sur les tables avec le café.

« L’Ukraine l’a bien cherché, ce conflit avec la Russie. On n’a pas à se mêler de ça. »

Le jeune père qui regarde toutes les jeunes femmes avec convoitise. C’est que sa femme est devenue ronde après trois grossesses.

« Mon lave vaisselle je l’aime, je ne pourrais plus m’en passer »

« – Mon fils travaille dans une grande banque. Mais il en a marre de son boulot. Il est sous pression. Il brasse des millions.
– Mais si ce n’est pas lui qui le fait, ce boulot douteux, ce sera quelqu’un d’autre. Et puis quel autre travail pourrait-il trouver ? Les temps sont durs. Même si bon, c’est dommage d’être mal dans sa peau. »
+ Plus d’infos sur la situation de cette personne. On lui en fait baver au boulot. Si il démissionne, il est grillé dans tout le secteur. Il a acheté une maison super chère, il a deux filles, sa femme est de la haute et compte bien en rester.

*berçant un bébé* « Oh ça veut dire quoi quand il fait cette tête là ? (…) Je crois qu’il m’a fait caca dans la main. » *l’a senti à travers la couche* *mère elle-même, elle semble profondément intéressée par tout ce qui a trait aux bébés*

Une serveuse de restaurant mignonne mais asociale.

« La poussière il faut la faire toutes les semaines. »

« Ça ne te donne pas envie de te marier, une si jolie robe ? »
« Tu verras un jour, ça viendra. »

Restaurant. Tant de restes de nourriture gâchés.

Les couples mariés qui se pourrissent en public. « Sans arrêt, il oublie des choses. Irrécupérable. »

Échanges sur des résultats de foot. Sur des marques de voiture. À noter, ça intéressait aussi des femmes.

Des gens « pour » et des gens « contre » l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Pareil pour le nucléaire.

Stay Mellow

Publié: 22 janvier 2014 par L'épicène dans cris, musique
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Remontez le moral à quelqu’un, il vous fera découvrir LA chanson qui remonte le moral. Ainsi va la vie dans toute sa splendide sagesse sans queue ni tête.

Toy dolls – Stay mellow

Things do go wrong, it’s not long since I’ve been blue,
But I know the remedy, I can see just what to do…

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

I was upset and in debt with no money,
But I did not stay sad, it’s not that bad, so remember…

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

Oh if you are down in the town with no bus fare,
Start walking and smile, in a while you’ll be back home.

Don’t be a coward, don’t be yellow,
It always pays to be mellow,
Stay cool, stay free and then you will see,
It’s best to stay mellow…

Pouët-pouët

Publié: 10 décembre 2013 par L'épicène dans cris
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Ceci est un cri de douleur illégitime. L’adjectif est débile, depuis quand crier de douleur pourrait être illégitime ? Mais c’est pas moi qui le dit, c’est vous, c’est nous, tous les shadocks qui tapotent en propriétaires de petites têtes rétives, bavent sur des joues moins qu’à moitié consentantes, chatouillent et tripotent des corps qui n’ont rien demandé,  sans savoir où ça les mène, sans parler du reste.

Pourquoi c’est moi qui ai honte, en plus d’avoir mal ? Pourquoi la personne qui vient de me faire pousser ce cri sauvage me regarde comme si j’étais dingue, comme si c’était mon comportement qui était incongru ? Peut-être même qu’elle a trouvé ça violent. Après tout, elle a rien fait, elle. Juste un « pouët-pouët » amical, comme ça se fait quand on veut dire bonjour à quelqu’un’ et qu’on est dans son dos. Et moi, je hurle comme si elle venait de me faire super mal, je me retourne avec un regard hostile et je lui dis qu’elle a déconné ? Non mais oh, faut arrêter le délire, là. Elle n’a rien fait de mal, alors maintenant on se calme et on la ferme.

D’abord je n’ai pas mal, parce que c’est pas possible : un « pouët-pouët » ça ne fait pas mal, c’est le sens commun qui dit ça et tant pis pour moi si je ne suis pas du même avis. Tant pis pour moi si j’ai l’impression d’avoir une plaie béante au côté, tant pis pour moi si je vais mettre des heures pour arrêter de trembler et de pleurer. Le problème vient de moi, faut que je me fasse soigner, parce que les conventions sociales ne sont vraiment pas de mon côté : tout le monde a le droit de me toucher, tant que c’est pas les seins ou la chatte, tant que c’est pas un coup, me toucher est tout simplement un droit et une banalité, et j’ai rien à dire là-dessus.

Alors ok, j’ai un problème et pas vous, ok, je vous dénie un droit qui est l’évidence même, ok je suis complètement asocial’. Je vais juste prévenir encore une fois les gens : NE ME TOUCHEZ PAS sans me demander mon avis, ne me touchez pas sans prévenir, surtout les côtes ou le ventre, surtout par surprise, parce que je suis tellement bizarre et malade dans ma tête que ça pourrait vous valoir un hurlement, des reproches, des insultes ou même des coups, oui des fois ça part tout seul. Et si vous pensez ne pas être capable de faire attention et d’éviter de le faire, ou si vous trouvez ça trop bizarre et illogique et que vous refusez de vous priver de ce petit plaisir, eh bien ne m’approchez pas du tout, c’est plus sûr.