Archives de février, 2017

Mardi 14 février à Besançon, 19 étudiantes et étudiants étaient tabassé.e.s et arrêté.e.s sur ordre de la direction de l’université. Ils et elles ont passé 24h en garde à vue, et même 48h pour deux d’entre eux.

Parmi tous les mauvais traitements infligés à nos camarades par la police, il est important de mentionner les humiliations supplémentaires, sexistes, subies par celles qui avaient leurs règles. Elles ont dû quémander des protections hygiéniques au su de tout le monde, n’ont pu disposer que de toilettes dégoûtantes, plongées dans le noir, dont la porte ne fermait pas, puis ont dû transporter et jeter leurs protections usagées, non emballées, sous les yeux des policiers.
 
Pire encore : les flics ont refusé à leurs prisonniers et prisonnières l’accès à leurs traitements médicaux, ce qui est gravement maltraitant, et dangereux. Or, huit des gardé.e.s à vue étaient des femmes cisgenres, et certaines d’entre elles prennent la pilule. Une interruption de ce traitement rend potentiellement fécondants des rapports sexuels ultérieurs, mais aussi antérieurs. Les femmes jeunes, étant particulièrement fertiles, peuvent d’autant moins se permettre une interruption de traitement contraceptif.

De fait, l’une d’entre elles prend la pilule, avait eu des rapports la veille de l’arrestation, et a été privée arbitrairement de sa contraception durant toute la garde à vue. Elle n’a pu prendre un contraceptif d’urgence que presque trois jours après une éventuelle fécondation ! Sa dernière chance de pallier à cette privation de contraception est d’autant plus maigre que l’efficacité de la « pilule du lendemain » diminue rapidement au fil des heures.

La police a donc délibérément exposé notre camarade, et sept autres personnes qui auraient pu être concernées, à un risque important de grossesse non désirée. Nous attendons à ses côtés de connaître le résultat du test de grossesse qu’elle effectuera dès que ce sera possible, et dénonçons cette violence inacceptable et hautement sexiste.

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Bailli exerçant son dur métier

Toute ressemblance… hein, bon, on s’est compris.

Bailli

Le bailli ou le sénéchal étaient des représentants du roi dans de petits territoires : le bailliage et la sénéchaussée. […]

Au Moyen Âge

À partir de la fin du XIIème siècle, le domaine royal s’agrandissant, le roi en tant que seigneur de ces territoires, ne pouvait être présent partout. Il nommait alors un bailli ou un sénéchal pour exercer son autorité seigneuriale : percevoir ses impôts seigneuriaux, rendre sa justice seigneuriale, rassembler les contingents d’hommes que la seigneurie devait envoyer à l’armée royale (le service d’ost). Les baillis ont été des agents efficaces pour imposer l’autorité du roi face aux autres autorités locales (les autres seigneurs régionaux, les évêques, les municipalités…).

Dans les Temps modernes

À l’origine les baillis étaient recrutés parmi la noblesse d’épée. Mais à partir du XVIème siècle on pouvait acheter cette charge et même en cumuler plusieurs. Au début du XVIème siècle il y avait 86 bailliages et en 1789 près de 400. La taille des bailliages était très variable et leurs limites souvent imprécises, ce qui provoquait des contestations d’autorité.

À partir du XVIème siècle, les bailliages deviennent surtout des tribunaux d’appel pour les procès devant le tribunal du prévôt royal ou les tribunaux seigneuriaux. Ils sont des tribunaux de première instance pour les nobles, les affaires de biens ecclésiastiques et certaines affaires criminelles. Ils disposent alors d’un personnel nombreux de fonctionnaires. Le bailliage servait aussi de cadre territorial pour l’élection des députés aux états-généraux.

Pompé sur : https://fr.vikidia.org/wiki/Bailli

Si c’est une bonne chose de donner la parole à Pénélope Fillon, comme semble l’avoir fait Envoyé Spécial, alors pourquoi est-ce que je me sens mal à l’aise en l’écoutant ?

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Le reportage du Sunday Telegraph montre une femme touchante, qui vit une vie triste qu’elle n’a pas choisie, une vie qui n’est pas ce qu’elle voulait vivre. Mais aujourd’hui, cette vidéo devient une « preuve » ; l’équivalent humain d’un simple relevé téléphonique.

Il y a dix ans, pour une fois, une journaliste a voulu savoir qui elle était ; ou plutôt qui était l’épouse de son mari, certes. Mais ce que l’on voit dans la vidéo, ce qu’elle raconte, c’est qui elle est, elle. Ce qu’est sa vie à elle, assez loin de son mari en fait.

Elle s’était exprimée en tant que personne, c’est cette parole que la journaliste avait recueillie. Eh bien non : même cette vidéo se transforme en un document à propos de son mari. Elle est, elle restera, elle n’est que, l’épouse de son mari.

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Souligner le sexisme d’un autre âge qui règne dans le couple Fillon, comme l’a fait Mediapart, ce devrait être une bonne chose également. Mais qu’on s’appelle Mediapart, Fadela Amara ou Riposte Laïque, dénoncer le sexisme dans un autre but que de rendre la société moins sexiste, ça s’appelle de l’instrumentalisation.

Plaindre Pénélope Fillon dans le but de gêner son mari en campagne, ce n’est pas la plaindre, c’est l’accabler. S’en prendre à elle n’est pas un problème en soi : cette femme a commis une fraude conséquente, cela mérite d’être dénoncé. Mais l’honnêteté voudrait alors que Mediapart se comporte ouvertement en adversaire de Pénélope Fillon, et non en moraliste.

En se donnant l’air de voler au secours de Pénélope Fillon, Mediapart se sert d’elle et lui confisque la parole, exactement comme le fait son sinistre époux. On avait connu mieux.