Archives de octobre, 2014

On m’a demandé si mon agresseur était « un client ». J’ai répondu que nous avions certes pris rendez-vous dans le cadre de mon travail, mais que non, ce n’était pas un client. En disant cela, j’ai vu l’étonnement se peindre sur des visages, l’incompréhension s’y installer. Alors je suppose qu’il faut que j’explique. C’est toujours à nous d’expliquer, de rendre des comptes, de répondre à des questions que les gens trouvent stupides quand on les leur retourne. Bon ok, allons-y.

Une fois quand j’étais jeune, j’ai piqué des trucs dans un grand magasin. Enfin, j’ai essayé, mais je me suis fait prendre. Pendant qu’on attendait la police, l’un des vigiles a dit à quelqu’un du magasin d’aller remettre mes courses en rayon. J’ai protesté :

– Attendez, laissez-les là. Je veux les acheter.

– Non, vous ne pouvez pas.

– Mais c’est stupide ! Il faudra que je revienne et que je reprenne les mêmes choses en rayon pour pouvoir les acheter ?

– Non. Vous n’aurez plus le droit d’entrer dans ce magasin.

– Ah ? Mais alors laissez-moi les payer tout de suite.

– Non.

Vous voyez le rapport ? Ce magasin a décidé que je ne faisais plus partie de leur clientèle, parce que je n’avais pas respecté leurs règles du jeu. Avant ça, je pouvais y entrer et acheter tout ce que je voulais. Après, ce n’était plus possible, même pas « juste les provisions qui sont là ». D’ailleurs, ce n’est même pas encore aussi simple…

Tout le monde peut entrer dans un grand magasin… tant que ça convient à la direction du magasin ; mais si par exemple vous êtes manifestement ivre, si votre comportement ne leur convient pas ou si vous êtes sur leur liste noire, ils ne vont pas vous laisser entrer.

On peut tout acheter dans un grand magasin… enfin, tout que ce qu’ils acceptent de vendre ; les caddies, les néons, les rayonnages ou même parfois un produit mal étiqueté ne vous seront cédés ni pour deux sous, ni à prix d’or. Et bien sûr le magasin lui-même n’est pas à vendre.

Vous comprenez mieux, maintenant ? Ce sont eux qui décident si vous êtes un client. Ce sont eux qui décident ce que vous pouvez acheter. Ce sont eux qui décident à quel prix, à quelles heures et sous quelles conditions.

Eh bien les putes, c’est pareil. On n’est pas « à vendre ». On accepte, sous des conditions bien précises, de vendre des services bien précis. C’est nous qui décidons à qui, où, quand et comment. Et le statut de client est révocable à tout moment, en particulier si quelqu’un ne respecte pas nos règles du jeu.

C’est incroyable, comme comparaison. Moi qui me bats pour qu’on arrête de parler de « marchandisation » de nos corps, je prends l’exemple d’un supermarché… C’est incroyable que les supermarchés exercent leur pouvoir, posent leurs conditions de manière aussi invisible à vos yeux, tandis que ce même pouvoir, vous ne pouvez même pas imaginer que les putes l’exercent aussi…

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La déserteuse

Publié: 5 octobre 2014 par L'épicène dans antisexisme appliqué, cris
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à Virginie Despentes, qui a fait du stop, qui a été violée, et qui a refait du stop

 

Monsieur le Président,

Je suis au tribunal

Pour une affaire banale

Un crime, un incident.

*

Je viens de recevoir

Moultes avis sévères

Qu’ai-je bu dans mon verre ?

J’aurais dû le savoir.

*

Monsieur le Président,

Je ne veux pas me taire

Je ne laiss’rai pas faire

Et j’ai du répondant

*

Pourtant sans hésiter

Il faut que je vous dise

Ma décision est prise

J’ refuse de me méfier.

**

Depuis que je suis née

Pour moi ça sent l’ roussi

Pour les copines aussi

Et à nous d’ nous garer.

*

Ma mère a tant souffert

Elle est muette comme une tombe

Juste avant qu’elle me ponde

Les bleus, c’était mon père.

*

Quand j’ai eu l’âge pour ça

On m’a volé mon âme

On m’a dit t’es une femme

Maintenant, tu t’ méfieras.

*

Demain comme d’habitude

Je n’ ferm’rai pas ma porte

Je ne f’rai pas la morte

J’irai sur les chemins

**

Nuit et jour, à toute heure

Libre et trop court vêtue

En stop ou dans la rue

Je dirai à mes sœurs :

*

Refusez d’obéir

Refusez la prudence

Choisissez l’insouciance

Refusez de frémir.

*

S’il faut à chaque instant

Surveiller ses arrières

Verrouiller les portières

Alors non je préfère

*

Quitte à finir en sang

Quitte à finir en larmes

Me promener sans armes

Aller le nez au vent.

Momo à tué Lulu…

Publié: 2 octobre 2014 par antoninsobel dans nos textes
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« Momo a tué Lulu » Mai 1982, rubrique faits divers du canard local, je m’arrête sur le titre, interpelé, je les connaissais bien ces deux là, ils habitent au dessus du PMU de mon vieux, couple de vieux alcolo homosexuel, dans un trip sado maso, enfin vieux, quand t’as 12 ans tout ce qui dépasse 25 ans c’est vieux. Momo, dérouille Lulu régulièrement quand il a descendu ses 6 litres de blanc, on a compris ça le jour où Momo déchiré comme un polak un soir de mariage s’est senti pousser des ailes et a commencé à mettre la main au cul des mecs autour de lui au comptoir, ça commençait à gonfler mon vieux.

D’habitude quand il virait un mec, il ouvrait la porte en grand pour le jeter sur le trottoir… Là ça s’est pas passé pareil, mon daron était en salle avec son plateau rempli de verres de vin et de Ricard quand Momo est passé derrière lui et lui a mis la main au cul… tout s’est déroulé très vite, le plateau est tombé par terre, mon vieux a chopé la main de Momo, l’a fait tourner en rond comme une toupie et l’a lâché en direction de la sortie comme on jette un freesbee… la porte étant fermée le Momo s’est éclaté la gueule sur la porte en fer, arcade sourcilière éclatée, visage en sang, on lui ouvre la porte, il se relève et sort, je vois alors que sa sacoche est restée au comptoir, je le dis à mon daron, il la prend et lui amène dehors, et là Momo lui dit, la tête en sang et un œuf sur le crâne « Merci patron, merci »…j’étais sidéré, mon vieux aussi, on a compris après et l’article le confirmait, c’était leur jeu de se faire mal à Momo et Lulu, ce soir là, quelque jours après, Momo est allé plus loin, après une énorme cuite il est rentré chez lui, Lulu était rôti aussi, il a commencé à gueuler après Momo qu’il rentrait tard et bourré, Momo a vu rouge l’a frappé comme un sourd et il a fini par le jeter dans les escaliers en béton… sa tête a heurté un coin de marche… un voisin l’a retrouvé le lendemain matin dans une flaque de sang, ça a été facile de retrouver le coupable, il y a suffit de remonter les traces de sang, jusqu’à la piaule de Momo et Lulu, les flics ont serré Momo, il était encore à moitié dans le coltard, comprenait pas ce qui lui arrivait… « Momo à tué Lulu », même lui il a du l’apprendre dans le journal…

Tu remets la tienne patron ?…

Publié: 2 octobre 2014 par antoninsobel dans nos textes

Tiens je vais vous raconter une histoire, un climat, celui de mes 10 ans en 1980, mes parents tiennent un trocson de quartier, un PMU bien pourave, ouvert de 8 heure à 1 heure du mat’, 2 heures du mat’ le week-end, vendredi samedi et dimanche, ben oui gentes gens un PMU ne s’arrête jamais c’est dans le contrat, même noël et le premier mai et les mecs qui gèrent les contrats passés avec les cafetiers en ont rien à foutre de savoir si les patrons ont un gosse, donc je passe ma vie soit au café soit chez ma grand-mère, j’ai tout vu tout entendu dans ce café, la pute du coin m’offre des pâtisseries et me porte sur ces genoux, je crois que je suis un peu amoureux d’elle, elle sent bon, porte des mini jupes et des grands talons pis son julot c’est un pote à mon vieux, il s’appelle Nouredine, ils sont devenu potes parce qu’un soir des faf de la première génération ont voulu lui faire la peau un soir à minuit, ouai un bicot qui est maquereau d’une pute blanche, insupportable pour les fachos…il a couru dans le rade de mon vieux, et mon daron est sorti avec une batte de base-ball, a séché les deux premiers avant que les autres se sauvent, les flics sont passés mon père était encore dehors, sa batte à la main, « un problème chef ? » qu’ils lui ont dit, ben oui un patron de bar blanc même une batte à la main quand t’es flic tu lui dis « chef », un reubeu tu l’embarques. « Non pas de problèmes, on gère » qu’il a répondu, c’était son honneur ça, ne jamais faire appel aux flics, « les patrons de bar qui font appel aux chtars n’ont pas de couilles et subissent des représailles…» c’est aussi pour ça que les racailles le respectait mon vieux, il était dur mais droit, pas une balance, pendant ce temps Nouredine se faisait soigner par ma mère dans l’arrière salle, un œil bien bleu et deux trois ratiches en moins. Il était toujours habillé en blanc, pantalon pat’d’eph, chemise cintrée et gros ceinturons, tout fin mais fallait pas lui manquer de respect, il cognait comme un dieu, il avait de la gueule le Nouredine, je l’aimais bien, mais là sur son costard blanc le raisiné ça faisait tache, mon vieux lui a prêté des fringues pour qu’il rentre tranquille sans se faire embarquer, ils étaient devenu pote.

Sa pute aussi, Marie-Line, je l’aimais bien, elle était mignonne, elle était maligne, elle aguichait les vieux pensionnés qui tournaient au blanc cass’, les raccompagnait quand ils étaient bien cuit, faisait payer puis un strip-tease et pépère s’endormait après une petite branlette. Tranquille même pas pénétrées la Marie-Line, plus qu’a essuyer le poireau du vieux et faire un bisou sur le nez… bonne nuit pépère.

Toute la société passait dans notre PMU, un vrai brassage social, ethnique, politique, les truands côtoyaient les retraités des PTT, le plombier, le boulanger, l’alcoolique, les joueurs de carte, les flambeurs, les putes, les arabes, les yougoslaves, les blacks, les ritals, les rockabilly’s, les jeunes qui se prenaient pour Travolta, les vieux en pantoufle, les homos, quelques Punks, les handicapés, c’était pas un bar c’était une micro société, un melting pot bruyant et enfumé de philosophes de comptoir, un reflet exact des années 80, je suis content d’être né dans les années 70 rien que pour avoir vécu les années 80, les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre, je dis pas que c’était mieux que maintenant, c’était différend, il y avait encore de l’espoir, Je crois que j’en ai plus appris sur l’espèce humaine en 10 ans de bistro dans les années 80 que certains pendant toute leur vie…

Un soir une bande est arrivée, des gitans sédentarisés, ils avaient la réputation d’être des connards qui vidaient les bars et partaient sans payer, on en connaissait un ou deux qui nous posaient pas de problèmes, mais là ils sont arrivés à une douzaine, « tournée, tournée, tournée… encore une patron » pas une tournée de payée, pas une thune sur la table… et ça continue, les mecs commencent à être chaud, recommandent une tournée… puis quittent la table un à un… sans payer, calmement mon vieux prend la clé de la lourde en fer et dit aux clients « ceux qui ont payé peuvent partir, je leur ouvrirai la porte les autres restent tant que tout n’est pas réglé… » Tous les pétochards se cassent sauf  Nouredine et un petit rital qui sent que ça va mal tourner et que mon vieux va se retrouver tout seul, ma mère emmène Marie-line dans l’arrière salle et je sais pas pourquoi ils m’ont oublié, d’habitude quand ça chauffait ma mère m’emmenait dehors ou me disait de rentrer au logement derrière le café, là j’étais dans un coin sur mon jeu vidéo (oui en 1980 il y avait les premiers jeux vidéo arcade dans les bars, le premier s’appelait PONG je crois) et là, c’est parti, j’ assiste à une baston incroyable les gitans veulent sortir, la porte est fermée à clé et ça commence, « Paye connard »… « Non, nous on paye pas »… trois contre six,  coup de poings, coup de pieds, un mec se tient les couilles suite à un coup de savate de Nouredine, un autre se tient l’oreille suite à une magistrale claque dans la gueule de mon vieux, le rital casse un cendrier de comptoir sur la tête d’un mec (Avant que ça chauffe ma mère enlevait toute la vaisselle du comptoir, là elle avait oublié un grand cendrier Cinzano), un autre pisse du nez suite à un coup de boule, mon vieux roule par terre avec un mec sur les bouts de verre brisés et lui coupe le souffle d’un coup de poing au thorax, il reste plus qu’un mec debout pas trop abîmé… la donne est inversée, du sang partout, les gitans sont sonnés, hébétés, hagards, ils viennent de prendre la branlée de leur vie, c’est la première fois qu’on leur tient tête, un se relève, mon daron lui dit « paye sinon je sors et je brule ta bagnole », il l’aurait fait, le mec le voit dans ses yeux…il est piteux, il compte ses ratiches, sort un billet et paye… tout le monde sort, mon vieux les raccompagne avec sa batte,

« la prochaine fois vous saurez qu’ici quand on consomme on paie »…

« On reviendra brûler ton bar »…Nouredine a au moins deux côtes fêlés suite à un coup de savate, mon daron à la chemise pleine de sang, j’ai peur, il referme la porte, enlève sa chemise, ma mère arrive avec le désinfectant et les pansements, elle l’inspecte… pas une égratignure, le sans c’était le sang du mec avec qui il a roulé dans les éclats de verre.

Il a fermé le bar, récuré le sang qu’il y avait partout et ils se sont pris une cuite, Nouredine, Marie-line, le petit rital dont j’ai oublié le prénom et mes darons. Putain de soirée, on n’a plus jamais revu la bande de connards…

Soit un ensemble et un point

Publié: 1 octobre 2014 par jmenti dans politique & société
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Soit un ensemble non nommable ou définissable qui pourtant seras se reconnaitre.
Soit un point aux coordonné multiple et appellation nombreuse.

Le point bien que mentalement impliqué ignorais beaucoup de la physique des trajectoires.
La réalité étant tenace pour que le point existe dans l’espace il lui faut quotidiennement trois chose.
Soit x l’obligation de manger, soit y celle de laver et z celle de dormir.Des loi métaphysique on souvent enfermer le point sur un plan voir une droite et quand bien même il arrivait à être c’était exclus de toute figure harmonieuse pour cause la couleur ou l’étiquette.

Pourtant et parce que les  métamathématique ne sont pas si hermétique l’ensemble sut à plusieurs reprise accorder au point un espace dans lequel le point put se réaliser.
Cela ne semble pas être un fait remarquable a noter dans les archives académique.
Néanmoins il faut se souvenir, l’ensemble offris au point un espace bien différent aux espaces étatique.
Car en plus d’accorder un x,y,et z il permis au point d’apercevoir comment construire des figures.
J’entends par là l’art de tirer les ficelles afin d’agrandir les possible de l’espace.
Avec ces divers passage dans l’ensemble, les changement de figure, toucher par l’art de la ficelle le point eu envie de réaliser ailleurs de belle figure.

Cela fait, moi le point souhaite remercier cette ensemble sans nom pour l’espace ou, j’ai exister, j’existais, javais existé, j’existe j’existerais ; Et pour les multiple outils de construction passé présent future imparfaits ou plus que parfait qui soit.

Combien d’image pour cette exercice ?
Vertigineuse problématique.

A retenir => Merci