Archives de septembre, 2014

Ce que je sais sur les monosexuel’s

Publié: 25 septembre 2014 par L'épicène dans nos essais
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C’est juste des gens comme vous et moi. Enfin, je crois, plutôt comme vous.

La monosexualité est ce que Freud appelle une restriction de choix d’objet : l’absence d’intérêt sexuel ou amoureux pour une catégorie de personnes ; en l’occurrence « les femmes » ou « les hommes ». Une sorte de perversion sexuelle par la négative. Ceci dit sans jugement aucun : je trouve ça plutôt intéressant, les perversions. D’ailleurs celle-ci est si courante qu’on n’y prête même plus attention, voire qu’on regarde de travers celleux qui ne la partagent pas.

Les monosexuel’s se classent en deux catégories : les femme-sexuel’s et les homme-sexuel’s. Non, c’est pas ça ? Zut, je me suis encore trompé’. En fait, iels se classent d’abord comme femmes ou hommes, puis se répartissent en deux catégories : d’une part les femmes femme-sexuelles et les hommes homme-sexuels, d’autre part les femmes homme-sexuelles et les hommes femme-sexuels. Mais non c’est pas compliqué du tout, mais non c’est pas tordu. Vous allez voir.

L’idée, c’est que parmi les monosexuel’s, certain’s sont attiré’s exclusivement par des personnes de même sexe : femmes femme-sexuelles et hommes homme-sexuels, et d’autres sont attiré’s exclusivement par des personnes de sexe opposé : femmes homme-sexuelles et hommes femme-sexuels (on dit « homosexuel’s » pour les premier’s et « hétérosexuel’s » pour les second’s, mais je ne veux pas vous assommer avec le jargon du milieu). Alors vous voyez, c’est assez logique finalement.

Certes, ça implique de se définir et de définir les autres comme « femme » ou « homme », si possible systématiquement, sans erreur et de manière permanente. Par exemple, un femme-sexuel qui tombe sur une jolie pute blonde aux jambes interminables, mais avec une pine au lieu d’un minou, sera obligé, soit de la débarquer et d’aller s’en chercher une autre, soit de renoncer temporairement à sa perversion femme-sexuelle. Et si un homme homme-sexuel change de sexe, il change de catégorie sans avoir changé de goût, et son compagnon si il en a un, change de catégorie en continuant à coucher avec la même personne.

Bon d’accord, je reconnais qu’on s’y perd un peu. Mais au fond, ce qui se passe au pieu, c’est leur affaire. La chose importante à retenir, c’est que ces choix, pour exotiques qu’ils nous paraissent, n’ont absolument aucune incidence sur leur comportement dans la vie de tous les jours. Iels ne sont pas particulièrement dévergondé’s, ni sales ni plein’s de maladies. Et ce n’est pas parce que vous avez un’ voisin’ femme-sexuel’ qu’iel va sauter comme un’ affamé’ sur la première femme venue. Iels font même, dit-on, de bons parents quand on le leur permet.

Billet repiqué sur mon ancien blog. Il y en aura d’autres, et j’assume ma flemme.

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Oliphaunt & Mewlips

Publié: 25 septembre 2014 par L'épicène dans en anglais, Lis.tes.ratures
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Fort célèbre pour ses romans, Tolkien a aussi écrit quelques poèmes qui me touchent beaucoup plus.

Oliphaunt

Grey as a mouse,
Big as a house,
Nose like a snake,
I make the earth shake,
As I tramp through the grass;
Trees crack as I pass.
With horns in my mouth
I walk in the South,
Flapping big ears.
Beyond count of years

I stump round and round,
Never lie on the ground,
Not even to die.
Oliphaunt am I,
Biggest of all,
Huge, old, and tall.
If ever you’d met me
You wouldn’t forget me.
If you never do,
You won’t think I’m true;
But old Oliphaunt am I,
And I never lie.

The Mewlips

The Shadows where the Mewlips dwell
Are dark and wet as ink,
And slow and softly rings their bell,
As in the slime you sink.

You sink into the slime, who dare
To knock upon their door,
While down the grinning gargoyles stare
And noisome waters pour.

Beside the rotting river-strand
The drooping willows weep,
And gloomily the gorcrows stand
Croaking in their sleep.

Over the Merlock Mountains a long and weary way,
In a mouldy valley where the trees are grey,
By a dark pool’s borders without wind or tide,
Moonless and sunless, the Mewlips hide.

The cellars where the Mewlips sit
Are deep and dank and cold
With single sickly candle lit;
And there they count their gold.

Their walls are wet, their ceilings drip;
Their feet upon the floor
Go softly with a squish-flap-flip,
As they sidle to the door.

They peep out slyly; through a crack
Their feeling fingers creep,
And when they’ve finished, in a sack
Your bones they take to keep.

Beyond the Merlock Mountains, a long and lonely road,
Through the spider-shadows and the marsh of Tode,
And through the wood of hanging trees and gallows-weed,
You go to find the Mewlips – and the Mewlips feed.

Toi qui parles de viol, tu as déjà été violé ?

Tu te sens inquiet quand tu entends le mot « viol » ? Ou triste ?

Ça te perturbe ? Ça t’empêche de finir ta phrase ?

Est-ce que ton corps réagi à ce mot comme à un courant d’air glacial ?

Est-ce que des images insupportables surgissent lorsque tu l’entends ?

Toi qui plaisantes sur le consentement, as-tu déjà eu à porter la responsabilité et la honte d’une violence qu’on t’a fait ? Est-ce que quelqu’un t’a demandé pourquoi tu n’avais pas fui au lieu de te faire casser la gueule ? Est-ce que quelqu’un t’as demandé pourquoi tu n’étais pas resté chez toi le jour où tu as eu trois côtes cassées ? Est-ce que tu as entendu de la réprobation dans la voix d’un médecin pendant qu’il te faisait des points de suture ?

Toi qui parles de viol, tu penses aux viols dans les films ou aux infos. Tu penses aux filles perdues que tu ne connais pas mais que tu imagines bien – trop bien, réfléchis-y. Mais tu ne penses pas à moi. Pourtant, je suis juste à côté de toi quand tu dis ça. J’entends ton mot d’humour et surtout j’entends combien je n’existe pas, combien je ne peux pas être ici, dans la même pièce que toi, car c’est tellement une exception, une rareté, cela n’arrive tellement qu’aux autres -aux femmes des autres- que tu ne peux pas imaginer que j’en sois une. Une victime de viol. Ou juste une femme inquiète de subir un viol, car toutes les femmes sont obligées d’y penser, toutes.

C’est parce que tu ignores tout cela que tu peux rire. Et je parle d’une attitude. Ce que je te dis ici, tu l’as déjà entendu, tu pourrais le savoir et le prendre en compte, mais tu l’ignores. Et après avoir lu cela, tu continueras probablement à l’ignorer la plupart du temps, confortablement installé dans ta position de personne ordinaire. Je dis ordinaire, car être un homme est la norme, et ne pas l’être est l’exception ; car être suffisamment privilégié pour se sentir à l’abri de la violence est la norme, et les autres ne font pas partie de ton monde.

Toi qui parles si légèrement de viol, est-ce que tu te vois, là, en train d’approuver cette violence ? Est-ce que tu te vois en train de redoubler cette violence ? Parce que c’est ce que tu fais, ce que tu viens encore de faire, mais tu ne peux pas le voir car ça ne colle pas avec l’image de mec bien, gentil et responsable, que tu as de toi et que tu veux donner -à tes pairs. Cette image, tu ne la vois pas comme telle, tu penses qu’elle reflète fidèlement qui tu es ; mais celles qui ne sont pas tes pairs, ceux qui ne sont pas de ton monde, pourraient te dire qu’elle est trompeuse, si seulement ils pouvaient te dire quoi que ce soit.

Travail n’est pas plaisir

Publié: 14 septembre 2014 par jmenti dans antisexisme appliqué, poèmes
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Plaisir ou sex , œuvre du démon.
Pêcher mortel est son surnom
Le travail c’est la santé ,
Qui pourrai en douter ?

N’évoque jamais le contraire
L’on te lancerai des pierres
Ne mélange pas les deux
Même si sa te rend heureux.

Ne rencontre pas les petit gens
Écoute le tout puissant
Mais non point d’étiquette

Moi le cerveau toi le corps
Obéis pour ménagé ton effort
L’épouvantail quel bel recette…