Archives de décembre, 2013

Quand j’étais petit’, ça m’intriguait qu’il y ait autant de nombres qu’on veut. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, … 1206, 1207, 1208, 1209, 1210, 1211, …  40 205 967 554, 40 205 967 555, 40 205 967 556,… et ça continue. C’est fou, non ? Alors j’avais commencé à les compter ; oui, j’étais déjà bizarre à l’époque. Bien sûr je n’ai jamais fini, vous savez très bien pourquoi. Moi aussi je le savais, que je ne pourrais pas tous les compter. C’était juste pour voir. Et j’ai vu !

carnac_0

Tous ces nombres sagement rangés l’un après l’autre, à perte de vue. Chacun d’entre eux facile d’accès, simple et sans mystère, qui vous indique volontiers le suivant, tout près. Mais quand vous lui montrez l’horizon, il met un doigt sur sa bouche avec un sourire entendu… Les alignements de Carnac, à côté, c’est de la petite bière.

On peut compter plein de choses : des radis, des sous, des kilomètres, des cailloux, des amants, des octets, des planètes… On peut aussi compter des nombres (dans le premier paragraphe, j’en ai écrit 17). Mais compter tous les nombres ? Eh bien, il y en a une infinité, alors on ne peut pas dire « il y en a tant » ; ça ne marcherait pas puisque « tant » serait un nombre : il y en aurait « tant » jusqu’à celui-là, plus encore d’autres après…

Par contre on peut les numéroter. On peut mettre un numéro à chaque nombre, dans l’ordre qu’on veut ; l’ordre le plus logique étant : 1 en premier, 2 en deuxième, 3 en troisième, etc. On peut aller aussi loin qu’on veut, il aura toujours assez de numéros. On peut numéroter comme ça tous les nombres entiers positifs1.

Ok, ça a l’air assez évident, vu que ces numéros sont basés sur les nombres qu’on numérote. Mais déjà, rien que le fait de pouvoir écrire « etc » et que ça fasse marcher le truc plus loin qu’on ne pourra jamais compter, jusqu’à l’infini, c’est assez épatant. Et c’est pas tout !

On peut aussi numéroter tous les nombres entiers, positifs et négatifs. Oui oui, juste avec des numéros qui eux sont tous positifs. Comme ça : 0 en premier, 1 en deuxième, -1 en troisième, 2 en quatrième, -2 en cinquième, 3 en sixième, -3 en septième, 4 en huitième, etc. Deux suites infinies de nombres peuvent tenir dans une seule ! Comme le Tardis, ce vaisseau spatial dont l’intérieur est beaucoup plus grand que l’extérieur.

Et c’est pas tout ! Oh non, c’est pas tout.

[spoil] La prochaine fois, je vous raconterai comment on peut numéroter toutes les fractions, c’est à dire coudre ensemble l’infini et l’infini au carré… et pourquoi on ne peut pas faire ça aussi avec tous les nombres à virgule. [/spoil]

Voilà, c’est aussi ça les maths. J’espère que ça vous a intéressé un peu plus que vous ne vous y attendiez.

le Tardis

1. Bon, juste pour l’exactitude : on peut faire que pour chaque nombre, un numéro soit prévu d’avance si quelqu’un veut le savoir. Comme un juke-box infini peut jouer n’importe quel disque… si quelqu’un choisit ce disque.

NewYork

Publié: 17 décembre 2013 par L'épicène dans poèmes
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Une fois je suis allée
à NewYork
mais j’ai eu
tellement peur
dans cette ville
tellement grande
que je n’y suis
jamais allée
que je suis restée terrée
dans la chambre d’hôtel

Je n’ai même pas jeté
un coup d’œil
par la fenêtre mais
quand je jetais un coup d’œil
vers la fenêtre
c’était terrible et je criais
C’est trop grand !
C’est trop grand ici !
(la chambre d’hôtel
ne résonnait
même pas un petit peu)

Et je criais : Je ne veux
pas être à NewYork !
Laissez-moi n’être
jamais partie à NewYork !

Mon amie était
désolée pour moi,
elle me disait
Viens au moins
au Metropolitan
Elle partait
et puis je lui criais
Non !

Et la lumière du jour
qui rentrait par la fenêtre
faisait un bruit
insupportable

alors pour finir
je ne suis JAMAIS
allée à NewYork

Avec tout en bas dans la rue
les dents des américains
qui devaient mordre
dans de la nourriture

Avec tout en bas
dans la rue
un film avec les dents
des américains qui mordaient
dans de la nourriture

Avec tout en bas dans la
rue
comme dans un film
les dents des américains
qui mordaient dans
de la nourriture

Je ne suis pas jamais allée
à NewYork
Je n’y suis pas allée

Pouët-pouët

Publié: 10 décembre 2013 par L'épicène dans cris
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Ceci est un cri de douleur illégitime. L’adjectif est débile, depuis quand crier de douleur pourrait être illégitime ? Mais c’est pas moi qui le dit, c’est vous, c’est nous, tous les shadocks qui tapotent en propriétaires de petites têtes rétives, bavent sur des joues moins qu’à moitié consentantes, chatouillent et tripotent des corps qui n’ont rien demandé,  sans savoir où ça les mène, sans parler du reste.

Pourquoi c’est moi qui ai honte, en plus d’avoir mal ? Pourquoi la personne qui vient de me faire pousser ce cri sauvage me regarde comme si j’étais dingue, comme si c’était mon comportement qui était incongru ? Peut-être même qu’elle a trouvé ça violent. Après tout, elle a rien fait, elle. Juste un « pouët-pouët » amical, comme ça se fait quand on veut dire bonjour à quelqu’un’ et qu’on est dans son dos. Et moi, je hurle comme si elle venait de me faire super mal, je me retourne avec un regard hostile et je lui dis qu’elle a déconné ? Non mais oh, faut arrêter le délire, là. Elle n’a rien fait de mal, alors maintenant on se calme et on la ferme.

D’abord je n’ai pas mal, parce que c’est pas possible : un « pouët-pouët » ça ne fait pas mal, c’est le sens commun qui dit ça et tant pis pour moi si je ne suis pas du même avis. Tant pis pour moi si j’ai l’impression d’avoir une plaie béante au côté, tant pis pour moi si je vais mettre des heures pour arrêter de trembler et de pleurer. Le problème vient de moi, faut que je me fasse soigner, parce que les conventions sociales ne sont vraiment pas de mon côté : tout le monde a le droit de me toucher, tant que c’est pas les seins ou la chatte, tant que c’est pas un coup, me toucher est tout simplement un droit et une banalité, et j’ai rien à dire là-dessus.

Alors ok, j’ai un problème et pas vous, ok, je vous dénie un droit qui est l’évidence même, ok je suis complètement asocial’. Je vais juste prévenir encore une fois les gens : NE ME TOUCHEZ PAS sans me demander mon avis, ne me touchez pas sans prévenir, surtout les côtes ou le ventre, surtout par surprise, parce que je suis tellement bizarre et malade dans ma tête que ça pourrait vous valoir un hurlement, des reproches, des insultes ou même des coups, oui des fois ça part tout seul. Et si vous pensez ne pas être capable de faire attention et d’éviter de le faire, ou si vous trouvez ça trop bizarre et illogique et que vous refusez de vous priver de ce petit plaisir, eh bien ne m’approchez pas du tout, c’est plus sûr.

Lettre à une cantatrice

Publié: 9 décembre 2013 par tristessecontemporaine dans Lis.tes.ratures
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L’Art de l’Oisiveté est un recueil de textes écrit par Hermann Hesse ; « Écrits entre 1899 et 1959, les textes réunis ici  parlent de musique, de peinture, de livres, de villes, de paysages, de rencontres. À travers eux, Hesse définit sa position face au monde contemporain et propose un nouveau rapport à l’existence, qu’il nomme «l’art de l’oisiveté». Prônant l’humour, le scepticisme, l’esprit critique, bref, la liberté de l’individu, il touche ici à l’essentiel, ce qui explique pourquoi ces textes sont aujourd’hui encore si actuels. »

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L’extrait suivant est tiré de Lettre à une cantatrice. Il s’adresse effectivement à une cantatrice mais c’est une lettre qui n’est pas destinée à être réellement envoyée. Il y aborde différents thèmes, celui de la musique bien-sûr, mais aussi celui de l’individualisme comme moyen de ne pas céder à la « psychose de masse ».

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La jouissance artistique n’a pour moi rien de commun avec l’ivresse ou le désir de s’instruire. Elle est oxygène, nourriture, et lorsque j’entends une musique qui me répugne, une musique trop doucereuse, trop mielleuse ou trop piquante à mon goût, je la rejette de façon presque instinctive, non comme un critique doué d’une profonde connaissance de l’art. Cela n’exclut pas cependant que cet acte instinctif se révèle bien souvent justifié lorsqu’il est ensuite soumis à l’examen de la raison. Les artistes ne peuvent subsister sans cet instinct, sans cette hygiène de l’âme que chacun pratique à sa manière.

Mais revenons à la musique. Mon éthique artistique est sans doute légèrement teintée de puritanisme ; c’est l’éthique saine d’un homme qui est à la fois un créateur et un individualiste. Elle suppose une sensibilité extrême à toute forme de nourriture spirituelle, mais aussi une crainte non moins exacerbée face à toutes les orgies célébrées par la communauté, essentiellement face à celles où se manifeste l’âme collective, une sorte de psychose de masse. C’est là le point le plus délicat de ma morale. Autour de lui se concentrent en effet tous les conflits qui opposent la personne à la communauté, l’âme individuelle à la masse, l’artiste au public. Moi qui suis désormais vieux, je n’oserais pas réitérer aujourd’hui encore ma profession de foi individualiste si, dans le domaine spécifique de la politique, mes susceptibilités et mes intuitions souvent blâmées par les gens normaux et irréprochables ne s’étaient pas révélées justifiées de façon terrifiantes. J’ai vu bien des fois des salles entières, des nations entières être prises d’une ivresse et d’un délire faisant de la multitude des personnes un peuple uni, une masse homogène ; j’ai vu disparaître alors toute forme d’individualité, j’ai vu des centaines, des milliers, des millions de gens transportés par l’enthousiasme de la communion, de la fusion de toutes les pulsions en une unique pulsion collective, envahis par un désir de dévouement, d’abandon de soi, par un élan héroïque s’exprimant d’abord par des appels, des cris, des scènes de fraternisation pleine d’émotion et de larmes, puis finissant dans la guerre, la folie, et un immense flot de sang. Mon instinct d’homme à la fois individualiste et artiste m’a toujours prévenu de la manière la plus radicale contre cette capacité des êtres à se laisser enivrer par la souffrance collective, la fierté collective, la haine collective, l’honneur collectif.

Hermann Minet

Hesse et un minet

Voici un autre de nos talentueux prédécesseurs. Alphonse Allais se trouve être, en quelque sorte, mon dada : depuis vingt ans, je le sers à toutes les sauces autour de moi, tant sont dépourvus de bornes mon admiration et mon enthousiasme à son égard. Mais lisez plutôt…

En arrivant à Nice, le Captain Cap et moi, deux affiches murales se disputèrent la gloire d’attirer notre attention.

(La phrase que je viens d’écrire est d’une syntaxe plutôt discutable. On ne dirait vraiment pas que j’ai fait mes humanités.)

Celle de ces deux affiches qui me charma, moi, en voici la teneur :

X…, pédicure
telle rue, tel numéro
le seul pédicure sérieux de Nice

Jamais, comme en ce moment, je ne sentis l’horreur de toute absence, sur mes abatis, de cors, de durillons, œils de perdrix et autres stratagèmes.

Avoir sous la main un artiste qui, non content d’être sérieux, tient en même temps à être le seul sérieux d’une importante bourgade comme Nice, et ne trouver point matière à l’utiliser ! Regrettable, ah ! que !…

Cap me proposa bien un truc qu’il tenait d’une vieille coutume en usage chez les femmes de saura-t-on jamais quel archipel polynésien, lesquelles femmes font consister tout leur charme à détenir le plus grand nombre possible de durillons sur les parties du corps les moins indiquées pour cette fin.

Je ne crus point devoir accepter, pour ce que ce jeu n’en valait point la chandelle, et nous passâmes à un autre genre de sport.

Celle des affiches murales que préféra Cap, annonçait à Urbi, Orbi and C°, que tout individu titulaire d’une petite somme variant entre vingt-cinq centimes et un franc, pouvait s’offrir le spectacle d’un orang-outang, autrement dit, messieurs et dames, le véritable homme des bois, le seul (tel mon pédicure du début) ayant paru en France depuis les laps les plus reculés.

Une gravure complétait ce texte, une gravure figurant le buste du quadrumane, et autour de cette gravure, ainsi qu’une inscription de médaille, s’étalaient ces mots, circulairement :

Je m’appelle Auguste : 10,000 francs à qui prouvera le contraire !

Dix mille francs à qui prouvera le contraire !

Le contraire de quoi ? Que le monstre en question fût un véritable orang-outang, un authentique homme des bois, ou simplement qu’il s’appelât, de son vrai nom, Auguste ?

Pour l’âme limpide de Cap, nul doute ne savait exister.

Il s’agissait de démontrer que ce singe ridicule ne s’appelait pas Auguste, de toucher les 500 louis et d’aller faire sauter la banque à Monte-Carlo !

Ah ! mon Dieu, ça n’était pas bien compliqué !

Et Cap ne cessait de me répéter :

— Je ne sais pas, mais quelque chose me dit que cet orang ne s’appelle pas Auguste.

— Dam !

— Pourquoi dam ? Ce sale gorille n’a pas une tête à s’appeler Auguste.

— Dam !

— Allais, si vous répétez encore une seule fois ce mot dam, je vous f… un coup d’aviron sur la g… !

Tout ce qu’on voudra sur la g…, hormis un aviron ! Telle est ma devise.

Je n’insistai point et nous parlâmes d’autre chose.

Le soir même, Cap filait sur Antibes, regagnant son yacht, le Roi des Madrépores, et je demeurai une grande quinzaine sans le revoir.

Un matin, je fus réveillé par de grands éclats de voix dans mon antichambre : le clairon triomphal du Captain ébranlait mes parois.

— Ah ! ah ! proclamait Cap, je les ai, les preuves, je les tiens !

— Les preuves de quoi ? m’étirai-je en ma couche.

— Je savais bien que ce sale chimpanzé ne s’appelait pas Auguste !

— Ah !

— Je viens de recevoir une dépêche de Bornéo, sa ville natale. Non seulement il ne s’appelle pas Auguste, mais encore il s’appelle Charles !

— Diable, c’est grave !… Et dites-moi, mon cher Cap, pensez-vous que Charles, l’orang de Nice, soit parent de Charles Laurent, de Paris ?

— Dans votre conduite, mon cher Alphonse, le ridicule le dispute à l’odieux… J’ai reçu de notre consul à Bornéo toutes les pièces établissant, incontestablement, que le grand singe du Pont-Vieux s’appelle Charles. Vite, levez-vous et allons chez un avoué. À nous les 10,000 francs !

Mon notaire de Nice, M. Pineau, qui passe à juste titre pour l’un des plus éminents jurisconsultes des Alpes-Maritimes, nous donna l’adresse d’un excellent avoué, et notre papier-timbré fut rédigé en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.

Mais, hélas ! la petite fête foraine du Pont-Vieux était terminée.

Le faux Auguste, sa baraque, son barnum, tout déménagé à San-Remo, sur la terre d’Italie ; et l’on ignore point que la loi italienne est formelle à cet égard : interdiction absolue de rechercher l’état civil de tout singe haut de 70 centimètres et plus.

La Vénus à la Fourrure

Publié: 5 décembre 2013 par tristessecontemporaine dans cinéma
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Encore un long résumé d’épopée ? Pas tout à fait… Ce sera succinct (ou presque).

On était toute une tripotée, pour aller voir ce film.

Certain’.e.s l’avaient déjà vu, et avaient beaucoup aimé.

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Je leur ai fait confiance, mais faut dire que sans leurs avis je n’y serais pas aller, parce que :

_ je suis un militante animaliste, alors des gens qui se pavanent en fourrure ça me hérisse le poil. Des infos : http://www.fourrure-torture.com/

_ je ne suis pas cinéphile

_ le peu que j’ai retenu de la biographie de Sacher-Masoch et de son bouquin c’est que sa démarche se base exclusivement sur ses désirs à lui. S’il demande à se faire dominer c’est parce qu’il en a envie, mais il se moque bien du désir de sa partenaire et va même jusqu’à la mépriser. Jusqu’à se « venger ». V. semblait d’accord avec moi ; comme dans les romans de Sade les rapports SM ne se basent pas sur des relations de respect de l’autre, et ça ça me déplaît beaucoup.

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Anywaye ! Le film est loin d’être une adaptation fidèle du livre.

Étrange huis-clos dans un humble théâtre. Le scénariste et metteur en scène auditionne une actrice. Arrivée en retard, trempée, échevelée, elle est d’abord en position d’infériorité. Mais cela va changer… Jouissif.

Et là je fais appel à celleux qui l’ont vu, parlez-en donc plus longuement, plus précisément !

Trailer de Utoube : http://www.youtube.com/watch?v=oly_aCG33SA

Bon jusqu’ici j’ai réussi à tenir : j’ai plus facebook depuis un mois. Oui oui vous avez bien lu, tout un mois. J’ai vraiment réussi à m’en détacher, même au point que j’ai désamifié les trois quarts de mes contacts. Balaise, hein ? Alors bon, c’est vrai que j’ai gardé mon compte mais vous comprenez, c’est juste pour pouvoir gérer la page du Palace Rivotte, j’ai pas vraiment le choix, mais pis vraiment j’y vais jamais…

– Mais si t’y vas jamais, t’as pas besoin de garder ton compte ?

-Heu nan mais si mais c’est compliqué mais t’inquiète, je gère.

-Ah bon, si tu gères alors.

-Nan mais Conscience, on t’a pas sonnée, alors maintenant ta gueule.

– T’es sûr’ que t’as atteint le détachement et tout, là ? Pasqu’on dirait pas. Mais bon, jdis ça, jdis rien.

-Ta Gaulle j’ai dit !

Grmmlhml… Bon mais ça va pas du tout là, je voulais juste faire une petite intro avant d’entrer dans le vif du sujet, et cette connasse de conscience là qui vient foute sa merde… Bon c’est pas grave, je reprends.

Alors voilà, j’ai plus facebook. D’habitude quand il arrive un truc dans ma vie, comme de manger une noix de coco ou de mettre une claque bien méritée à un connard de file-ton-num dans une rue déserte à 2h du mat’, mon premier réflexe est de réfléchir à la façon dont je vais le raconter. Ah les copains ils vont bien se marrer, décidément ma vie est passionnante.

Et là, soudain, un vertige me prend. Non. Hé non, ils ne vont pas bien se marrer, les copains, parce que je vais pas le raconter sur facebook, parce que j’ai plus facebook. Enfin j’y vais plus, quoi. Sevrage, on a dit. Se. Ve. Rage ! Alors voilà : ce blog n’est pas destiné à remplacer facebook dans ma vie et à me permettre de m’éclater dans l’autodérision tellement originale devant un public déjà conquis. Mais là, je suis en manque.

Alors juste pour cette fois, je vous fais un article totalement j’ai-mangé-une-pomme parce que j’ai trop, mais vraiment trop envie de vous raconter comment j’ai été dérangé’ tout à l’heure dans ma passionnante recherche d’un site dont j’aurais pas déjà fait trois fois le tour aujourd’hui, par un minuscule non-événement que je trouve cocasse et plein de charme.

J’étais donc devant mon ordi, quand j’ai entendu un petit bruit insolite. Une sorte de « ffhfffhh… » très discret, tout près de moi. J’ai tourné la tête, et j’ai vu la patafixe qui tenait le bout du porte-jarretelles rose s’étirer lentement et se détacher du mur avec un tout petit « Pop ! ». Juste après, la boulette de patafixe voisine à suivi le même chemin et le porte-jarretelles s’est laissé tomber à la verticale avec une seyante élégance.

Ya pas de fantômes, ici, ou alors si il y en a ils sont très discrets. Mais au Palace, il se passe toujours de ces petites choses qui donnent une impression de présence, de vie, imprégnée dans les lieux et jusque dans les dessous coquins que portent les murs. Voilà, merci de votre attention et promis, je le ferai plus.

Et plaf ! Le porte-jarretelles a fini par tomber pour de bon.

La géographie par le décalage des sons

Publié: 3 décembre 2013 par L'épicène dans pas mémorable
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Nul n’ignore que le père Noël passe ses nuits dans la soie, que l’aspirant habite Javel et qu’il y a deux sortes de gendarmes, les courts et les longs (Ah, gendarmes aux mille bottes !) mais en cet art pénétrant, instruit, du décalage des sons, on trouve aussi l’occasion de voyager.

Qu’on s’abrite sous les ponts de Cologne quand le vent siffle ou qu’on se paye des tas de virées, tenir des propos fumeux sur la Bresse nous fait danser comme des ballots. Laissons-nous donc abuser par les mythes qui peuplent ces phrases, sans jamais arrêter les mariés de Bandol. Et si l’on nous jette à la rue, il nous restera toujours un feu de poutre.

La Chine se soulève à la vue des nippons.

A la tête de l’Afrique, mettez vos casquettes !

On ne parle pas assez des populations laborieuses du Cap.

Les Russes sont en fête.

Cette Belgique, quel entrain !

Des colonnes de gauchistes se branchent sur l’Irak.

Ah, cette auberge de Vendée !

Mâcon a un  nom charmant.

Finissons par une petite dédicace à notre podologue favorite : Les Messins regardent les cieux, et parfois les fortifications de Metz.